EXPERIMENTATION. L'association Qualitel fait partie des douze lauréats de l'appel à projets sur le carnet numérique de suivi et d'entretien du logement. Elle vient de lancer son prototype. Bertrand Leclercq, directeur de la stratégie numérique, nous en dit plus sur cette phase-test.

Le carnet numérique du bâtiment est devenu, par la loi de transition énergétique, obligatoire pour tous les bâtiments neufs dont le permis de construire a été déposé après le 1er janvier 2017 (pour l'existant, on parle de 2025 pour tous les logements faisant l'objet d'une mutation). Mais ses contours précis ne sont pas encore connus. Douze acteurs ont été sélectionnés, en décembre 2016, pour lancer une expérimentation sur le sujet - aujourd'hui, il n'en reste plus que onze. Les décrets d'application seront rédigés lorsque les pouvoirs publics pourront bénéficier des retours d'expérience de ces différents acteurs.

 

Parmi eux, Qualitel, qui a annoncé que son prototype de carnet numérique du bâtiment venait d'être lancé, mis sur pied en collaboration avec la Caisse des Dépôts, le Conseil supérieur du notariat, la SMA et la Poste.

 

"Aujourd'hui, 150 carnets sont actifs dans des logements privés, collectifs et individuels", nous explique Bertrand Leclercq, directeur de la stratégie numérique chez Qualitel. Des accords ont été passés avec des promoteurs pour mener à bien cette expérimentation. "Nous avons développé principalement deux outils : un site web et une application mobile." Ils permettent aux utilisateurs d'avoir accès à de la documentation concernant le bâtiment (diagnostics techniques, compte-rendu d'assemblées générales, comptes...). Mais aussi de recevoir des alertes par mail, SMS ou notifications, leur permettant de mieux gérer et ainsi valoriser leur bien (par exemple, pour assurer au mieux le suivi d'entretien d'une chaudière). "Nous pouvons imaginer qu'à l'avenir un logement qui aura un bon carnet sera mieux valorisé", explique Bertrand Leclercq. "Car ce dispositif permet d'avoir une traçabilité de l'entretien du logis."

 

Objectif : devenir un opérateur majeur du carnet numérique

 

D'autres outils sont en phase de développement, notamment pour mettre en relation les habitants et des professionnels de la construction. "Nous testons l'intérêt du consommateur pour ce service. Nous n'avons pas vocation à re-développer des outils qui existent déjà, et nous rencontrons de nombreux acteurs et start up qui sont sur ce créneau, comme Inch ou Citylity", explique Bertrand Leclercq. Participer à cette expérimentation permet à Qualitel d'envisager devenir un opérateur majeur sur le segment du carnet numérique, aussi appelé carnet de santé du bâtiment. Comme les autres participants à l'expérimentation, l'association remettra fin 2017 un rapport au Plan national de transition numérique du bâtiment (PTNB).

 

Les premiers retours des habitants semblent positifs, à en croire Bertrand Leclercq. "Ils apprécient le côté ergonomique de l'application. Mais il s'agit là de volontaires. Est-ce qu'en conditions réelles les habitants vont se précipiter sur le carnet du bâtiment ? Surtout si certains services s'avèrent être payants ?", se demande toutefois le responsable. Pour rendre ce dispositif attirant, il faudra qu'il soit utilisé par le plus grand nombre d'acteurs, syndic, habitants, tout autant que "le plombier du coin", explique Bertrand Leclercq, qui espère que les fameux décrets seront publiés au deuxième trimestre 2018.

 

Le carnet numérique du bâtiment, qu'est-ce que c'est ?
Le carnet de suivi et d'entretien du logement, instauré par l'article 11 de la loi Transition Énergétique pour la Croissance Verte (TECV), est un outil numérique où sont rassemblés, pour un logement donné, les informations utiles à la bonne utilisation, à l'entretien et à l'amélioration progressive de la performance énergétique du logement. Il sera obligatoire pour toute construction neuve dont le permis de construire est déposé à compter du 1er janvier 2017 et pour tous les logements faisant l'objet d'une mutation à compter du 1er janvier 2025. Les modalités de sa mise en oeuvre doivent faire l'objet d'un décret en Conseil d'État.
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