PROGRAMME. Les organismes Hlm franciliens, l'AORIF- l'Union sociale pour l'habitat d'Ile-de-France, ainsi que l'USH se sont réunis ce 7 février à Paris pour échanger sur les 23 propositions formulées à l'adresse des candidats aux élections présidentielle et législatives. Précisions.

Le mouvement HLM multiplie les rendez-vous avec les bailleurs sociaux sur le terrain pour appeler l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle à définir des politiques publiques ambitieuses en matière de "rénovation urbaine, de réussite éducative et d'accès à l'emploi" en faveur des quartiers, "grands oubliés".

 

La première rencontre, a eu lieu, ce 7 février 2017, à Paris, avec les organismes Hlm franciliens, de l'AORIF- l'Union sociale pour l'habitat d'Ile-de-France en présence de Frédéric Paul, délégué général de l'USH. Suivront sept autres réunions en régions avant un rendez-vous le 14 mars prochain auxquels les organismes HLM approuveront les propositions de l'USH.

 

"Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la campagne 'Oui au logement social', que nous avons lancé pour interpeller les candidats aux élections présidentielle et législatives sur le plan national et territorial", nous a précisé Frédéric Paul.

 

"Produire et rénover vite", Frédéric Paul, délégué général de l'USH

 

Dans une région Ile-de-France qui a produit en 2016, près de 36.000 logements sociaux dont la moitié en VEFA, "cette réunion a été l'occasion de présenter ces demandes et de leur donner du sens à travers les retours d'expériences des organismes et de leurs partenaires dans le contexte particulier de l'Ile-de-France, a-t-il ajouté. Dans une région de contrastes, où sévit la crise du logement, il s'agit de produire et rénover vite, de répondre à des besoins très divers : accompagner le développement économique et la mobilité professionnelle, répondre aux attentes des jeunes, accueillir et accompagner les personnes en difficulté ou sans-domicile."

 

Améliorer l'efficacité des 732 bailleurs sociaux

 

Parmi les 23 propositions qui contribueront à améliorer l'efficacité des 732 bailleurs sociaux, "nous avons besoin d'un État déterminé et d'un engagement politique à la hauteur des enjeux", afin que les habitants des quartiers en difficulté aient "les mêmes chances de réussite" que les autres concitoyens, a ajouté Frédéric Paul. Car "les besoins sont immenses, à la mesure du potentiel de ces territoires qui font partie de l'avenir de la France".

 

Première proposition, l'USH, souhaite doubler les moyens du Nouveau programme national de renouvellement Urbain (NPNRU) pour garantir des projets qui vont au bout des besoins de démolition et d'équipements (transports, activités économiques, désenclavement…) dans les quartiers d'intérêt national et régional, a-t-elle précisée. Elle estime, en effet, que le financement de 6 milliards d'euros jusqu'en 2024, essentiellement abondé par Action Logement (l'ex-1% Logement), est "notoirement insuffisant eu égard aux besoins."

 

De plus, le mouvement HLM, souhaite mettre en place, à travers la proposition 2, une procédure spécifique du type d'Intérêt National et de Solidarité (sur le modèle des OIN) sur ces quartiers qui soit : dotée de moyens "exceptionnels"; avec un pilotage resserré autour du préfet et du président de l'EPCI ; et la mise en place d'un opérateur unique assurant une mission globale sur l'urbain et le social.

 

Par ailleurs, les organismes HLM plaident pour "un grand plan numérique Hlm", (Ndlr ; proposition 11), accompagné par l'État dans cadre de la BPI, pour améliorer la relation entre organismes Hlm et locataires. Sans compter la proposition 18 qui incite à la mise en place d'un certificat "carbone" sur le modèle des certificats d'économie d'énergie pour encourager les acteurs à réduire leur empreinte carbone.

 

Enfin, l'USH appelle à créer un incubateur d'emploi et d'activité par quartier, à combattre le décrochage scolaire par un accompagnement systématique des enfants et à mettre fin à la ségrégation et la stigmatisation des habitants en doublant le nombre des démolitions de logements dégradés, à 10.000 par an. Autres propositions : généraliser les maisons du droit et de la justice et de créer un fonds national à l'action citoyenne afin de financer la participation des habitants à la gestion et à l'évolution de leur cadre de vie.
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