Le géant de l'éolien Siemens Gamesa, né en 2016, prépare un plan massif de restructuration pouvant porter sur 6.000 emplois (soit 22 % de ses effectifs). Une perspective qui n'aurait toutefois aucune incidence sur le projet industriel d'implantation au Havre. Détails avec un porte-parole du groupe en France.

Siemens Gamesa Renewable Energy voit son avenir en France. Il vient pourtant d'annoncer le lancement d'un plan de restructuration destiné à le rendre plus compétitif avec 700 suppressions de postes actées et, peut-être, 6.000 emplois impactés en tout dans 24 pays du globe. Et, malgré ce vaste projet, le géant de l'éolien entend toujours s'implanter dans l'Hexagone, en construisant non pas une mais deux usines produisant des éléments pour les machines des futurs parcs offshore du Tréport, de Noirmoutier et de Saint-Brieuc.

 

Un porte-parole de Siemens Gamesa, nous explique : "Il n'y aura pas d'effet sur le plan industriel, le timing n'est pas le même, car il s'agit d'un projet d'investissement à long terme, pour des parcs qui entreront en service dans la prochaine décennie". Il confirme donc que les usines de production de pales et d'assemblage de nacelles, seront bien construites au Havre (Seine-Maritime) et que 750 emplois y seront créés à terme, en comptant ceux de partenaires industriels qui arriveraient en même temps que Siemens Gamesa.

 

Dans les starting blocks

 

Interrogé sur la date d'inauguration de ces usines, il répond : "Le calendrier suit celui de nos clients dans l'offshore en France. Or, les permis n'ont pas encore été purgés de tous les recours et ils ont tendance à glisser dans le temps". Le géant de l'éolien a cependant déjà déposé des permis de construire au mois de mars 2016 pour les sites havrais, même si les choses ont légèrement évolué depuis, comme nous le confirme le groupe : "La technologie a été modifiée, puisque nous passons des machines Adwen AD8 à technologie hybride et boîte de vitesses, à des Siemens D8 à entraînement direct. Un changement minime puisque la puissance unitaire reste la même, à 8 MW, mais qui modifie légèrement la planification de l'outil industriel". Siemens Gamesa se dit donc prêt à déposer des dossiers rectificatifs afin de pouvoir construire les usines dès que possible. "Les méthodes de construction ont été éprouvées à Hull (Grande-Bretagne) et Cuxhaven (Allemagne)", nous confie le responsable de la communication.

 

En mars 2016, Siemens, en cours de rapprochement avec Gamesa, s'interrogeait sur la pertinence économique des deux futures unités du Havre qui n'approvisionneraient initialement que trois fermes offshore françaises. La perspective du développement de l'éolien flottant, dont il est un des pionniers au travers du projet Hywind, récemment entré en service au large de l'Ecosse, pourrait avoir modifié son sentiment sur la question. Après tout, "les éoliennes flottantes ne sont que des éoliennes offshore montées sur une fondation différente", selon un porte-parole. Siemens Gamesa fournira d'ailleurs les trois turbines du projet de ferme pilote "Provence Grand Large" d'EDF Energies Nouvelles. De là à imaginer que le site du Havre pourrait également produire des machines pour de futurs parcs flottants, il n'y a qu'une pale…
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