PROPOSITIONS.Dans l'optique de la consultation lancée par les pouvoirs publics sur le futur plan Logement, c'est au tour du syndicat des architectes l'Unsfa de formuler à Batiactu ses trente propositions. Décryptage avec son président, Régis Chaumont.

Les professionnels de la construction avaient jusqu'au dimanche 10 septembre à minuit pour communiquer publiquement au ministère de la Cohésion des territoires leurs propositions en vue du futur plan Logement. Aujourd'hui, l'Unsfa dévoile les siennes pour Batiactu.

 

"Nous félicitons le ministère de la Cohésion des territoires de cibler, dans son enquête, les organisations qualifiées dont l'Ordre des architectes et l'Unsfa, pour conduire cette concertation, nous confie ce lundi 11 septembre Régis Chaumont, président de l'Unsfa. Les architectes sont des acteurs avertis sur notre société; chacun de nous habite ses projets dès les premières esquisses, en y associant les multiples facettes de la vie."

 

En s'appuyant sur la diversité des pratiques de leurs 1.147 entreprises adhérentes, employant 3.849 salariés (soit une représentativité de près de 70% au niveau de la branche), le président de l'Unsfa passe en revue la trentaine de propositions dans un document transmis au ministère.

 

Préoccupation majeure : la réduction des délais d'instruction des autorisations d'urbanisme

 

Parmi ses principales requêtes, l'Unsfa envisage de "réduire les délais d'instruction des autorisations d'urbanisme en rappelant aux maires le décret de 2007 sur la réforme des permis de construire notamment les délais et la liste exhaustive des pièces." Le transfert des autorisations de construire vers les "services déconcentrés" de l'Etat pour les logements sociaux est également suggéré par l'Unsfa. De plus, l'organisme souhaite "sécuriser les autorisations de construire en appliquant fermement les procédures de lutte contre les recours abusifs."

 

"S'agissant des logements, nous suggérons de recourir à la déclaration préalable lorsque le projet est établi par un architecte", nous explique-t-il également.

 

Favoriser les maquettes numériques urbaines

, faire bénéficier les opérations de logements de la dérogation aux règles, définir un aménagement du territoire cohérent en déconcentrant les emplois fait partie des objectifs de l'Unsfa.

 

Par ailleurs, Régis Chaumont estime qu'il est nécessaire d'"inventer de nouvelles formes de télétravail en associant, à de nouvelles zones d'habitation, des espaces de travail délocalisés." Avec notamment un coworking qui ne soit plus seulement un espace de service, mais un projet de réimplantation de population dans des zones qui se désertifient.

 

"L'encadrement du prix du foncier en zones tendues est aussi une priorité"

 

Enfin, l'Unsfa revient sur l'accélération de la mise à disposition des friches urbaines et demande à bâtir les "dents creuses". "L'encadrement du prix du foncier en zones tendues est aussi une priorité", ajoute-t-il.

 

Avant de poursuivre : "Nous voulons adapter les règles d'urbanisme aux particularités du territoire, constituer des établissements publics autorisés à définir des projets de zone constructible et enfin élargir les champs d'expérimentations du 'permis de faire'."

 

Enfin, le syndicat Unsfa compte "rendre obligatoire un diagnostic global pour les bâtiments de plus de 40 ans en intégrant les problématiques d'accessibilité, de santé, de confort, d'adaptabilité et d'évolutivité." Ce diagnostic est déjà opérationnel au travers des réseaux locaux de l'Unsfa dédiés à la rénovation assure Régis Chaumont.

 

"L'avenir ne se construirait plus, il se consommerait dans l'instant."

 

"Nous attirons l'attention du législateur sur les dangers qu'il y aurait à vouloir choisir rapidement, à tout prix, des projets essentiellement articulés sur les seuls mécanismes économiques, conclut Régis Chaumont. L'avenir ne se construirait plus, il se consommerait dans l'instant."

 

D'après lui, "c'est la maîtrise d'œuvre indépendante qui élabore le projet et qui en dirige l'exécution en assistant à chaque étape son maître d'ouvrage." "Cette indépendance est essentielle pour défendre les intérêts du maître d'ouvrage. Il y aurait grand danger à construire sans réfléchir, nous a-t-il commenté. Les décennies d'après-guerre nous le montrent, encore aujourd'hui, à grande échelle. Ne reproduisons pas ces erreurs."

 

 

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