Si tout le monde s'accorde à dire qu'il faut verdir les espaces urbains et périurbains, la question est de savoir «comment». Depuis quelques années, les entreprises du paysage ont choisi la voie de la biodiversité, notamment en travaillant main dans la main avec les élus locaux et en sensibilisant les riverains. Explications et exemple d'une gestion respectueuse dans le 93.

Selon une récente enquête Unep- Ipsos 2010, pour 9 personnes sur 10, le vert est un élément important de leur vie quotidienne. Pas de doute, les Français sont sensibles au sujet, mais manquent parfois d'informations puisque, selon le commissariat au développement durable, 6 sur 10 disent connaître le sens du mot «biodiversité» mais beaucoup ont du mal à en identifier les facteurs aggravants.

 

Ce terme, régulièrement utilisé pour parler de protection de l'environnement, représente toutes les espèces vivantes : animales et végétales. La biodiversité inclut de laisser vivre les jardins : «Il s'agit de ne pas fixer la nature dans ses périmètres mais d'accompagner le développement de la nature», tient à préciser Marc Loiseleur, vice-président de l'Unep.

 

Une gestion harmonique en Seine-Saint-Denis
Mais si ces idées peuvent sembler théoriques, elles s'appliquent déjà dans certaines communes. Des élus locaux ont pris le pari et surtout ont choisi de miser sur des démarches «respectueuses» de l'environnement pour l'entretien et l'aménagement de leurs espaces verts. C'est le cas du Conseil général de Seine-Saint-Denis (93) qui a souhaité mettre en œuvre une politique de gestion dite «harmonique». Au programme : réduction du CO2, moins de produits phytosanitaires, baisse des nuisances sonores… Pour atteindre ces objectifs, des actions concrètes ont été menés sur le terrain : diminution des cycles de tonte pour laisser certaines zones évoluer en prairie, limitation de l'utilisation des souffleurs de feuilles à l'automne au profit du balayage manuel ou encore réutilisation au maximum sur le site des déchets produits, notamment des déchets verts.

 

Mais cette application ne s'est pas faite sans heurts, notamment auprès des salariés des entreprises intervenantes à qui il a fallu expliquer l'enjeu de la démarche : «Le personnel a eu du mal à comprendre au début, mais à force de pédagogie, de dire que moins de souffleur signifie plus de port de masques, moins de bruit équivaut à moins de nuisances sonores et moins de produits phytosanitaires diminuent les risques sur la santé… les salariés ont compris et se sentent désormais porteurs de la bonne cause», se félicite Philippe Feugère, dirigeant de Plaine Environnement, entreprise ayant collaboré avec le conseil général de Seine-Saint-Denis. Côté finances, le retour sur investissement pour les collectivités et communes n'est pas encore mesurable même si certains élus avancent une dizaine d'années. Dans le 93, le premier but était de maintenir les dépenses à un même niveau «et aujourd'hui, il y a même des économies qui sont réalisées», souligne Philippe Feugère.

 

Communiquer auprès du public
Enfin, si les salariés impliqués dans ce genre de projet semblent adhérer, reste encore à convaincre les riverains. «Il faut changer le regard des gens, donner une plus large part à la nature. Aujourd'hui, la dimension esthétique n'est pas suffisante, il faut également penser fonctionnel», explique Marc Loiseleur, vice président de l'Unep. Avant d'ajouter : «Il faut faire muter les espaces verts vers une harmonie avec la biodiversité». Et cela doit encore passer vers l'éducation de l'œil du public qui doit s'habituer progressivement à cette nouvelle végétation moins ordonnée et moins artificielle.
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