Depuis que la ministre des Transports a confirmé, le 19 juillet 2017, la "pause" de la liaison ferroviaire "Lyon-Turin", des réactions s'élèvent notamment en Italie. Sa dernière visite, à Rome, ce vendredi suscite également des incompréhensions.

Depuis son annonce, le 19 juillet 2017, devant les parlementaires, confirmant "la pause du Lyon-Turin", projet de ligne à grande vitesse, les propos de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, suscitent des réactions notamment en Italie.

 

Cette confirmation de la "pause" de ce grand projet a justement été évoquée ce vendredi 28 juillet, par la ministre française au course d'une visite à Rome, avec son homologue, Graziano Delrio. Cette dernière a demandé à l'Etat français davantage de précisions.

 

Interrogé, par le journal, Le Monde, le 28 juillet 2017, Mario Virano, directeur général de Tunnel euralpin Lyon-Turin (TELT), l'opérateur franco-italien chargé de la réalisation puis de la gestion de l'infrastructure, souligne qu'"il est légitime qu'un Gouvernement issu d'une nouvelle majorité politique prenne le temps de faire le point sur un dossier hérité des gouvernements qui l'ont précédé."

 

Un traité signé entre la France et l'Italie et ratifié par les parlements nationaux
Toutefois, le dirigeant italien précise qu'"il n'imagine pas que cette 'pause' soit une remise en cause de la décision de construire ce tunnel, alors qu'il existe un traité entre les deux pays, ratifié par les parlements nationaux." D'après le dirigeant de la TELT, ce temps d'arrêt ne pourrait concerner que la partie des accès français au tunnel international.

 

Par ailleurs, Stéphane Guggino, délégué général du Comité pour la Transalpine, regroupant les soutiens du projet réagit rappelle, le 28 juillet 2017, dans Les Echos, que "l'existence d'un traité international ratifié par les parlements des deux pays, et les budgets importants promis par Bruxelles rendent très improbable un coup d'arrêt durable."

 

"Ce n'est plus un projet mais un chantier, a-t-il commenté dans le même journal. Près de 1,5 milliard d'euros ont déjà été dépensés, 20 kilomètres de galeries ont déjà été creusés et, en France, 400 personnes travaillent déjà sur le tunnel."

 

Avant de conclure : "Pour le moment, le financement est vu année après année, explique Stéphane Guggino. Rentrer dans une loi de programmation de financement pluriannuelle permettrait une sécurisation du projet sur le long terme." Dans le but aussi de rassurer la Commission européenne, qui exige également des éclaircissements sur ce sujet.

 

81 marchés de génie civil lancés à Lyon le 21 juin 2017

 

Rappelons qu'après le long marathon législatif du Lyon-Turin, terminé en janvier 2017 pour la réalisation du tunnel de 57 kilomètres reliant Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) et Suse (en Italie), 81 marchés de génie civil ont été lancés le 21 juin 2017 à l'Hôtel de Région d'Auvergne-Rhône-Alpes, situé à Lyon. Ils représentent un montant total de 5,5 milliards d'euros.

 

En détails, ces 81 appels d'offres sont répartis sur 12 chantiers : 9 pour les travaux divisés en zones géographiques (entre les connexions aux lignes historiques en France et en Italie) et trois pour les activités connexes (valorisation des matériaux d'excavation, sécurité, installations et équipements), nous avait confié un porte-parole de TELT le 20 juin 2017.

 

Plus précisément, 45 marchés concernent le génie civil divisé en quatre volets (jusqu'à 5 millions d'euros, entre 5 et 500 millions d'euros, entre 500 millions d'euros et 1,3 milliard d'euros) et 36 pour la maîtrise d'œuvre.

 

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