Pour répondre aux enjeux majeurs du dérèglement climatique et des crises sociétales, la ville de Paris a dévoilé un vaste plan de résilience urbaine. Il propose tout un panel de solutions et d'initiatives qui vont de la lutte contre les îlots de chaleur, à la végétalisation du bâti en passant par la transformation du boulevard Périphérique ou le développement de mobilier urbain multifonctions. Tour d'horizon.

"Fluctuat nec mergitur", comme dit la devise latine : elle est battue par les flots mais elle ne coule pas. Une locution adoptée par la capitale depuis des siècles, et rappelée par Anne Hidalgo, lors de la présentation de sa "Stratégie de résilience de Paris", ce mercredi 4 octobre 2017. "Nous faisons face aujourd'hui à de nouveaux enjeux majeurs qui ne concernent pas seulement les générations futures mais aussi les enfants d'aujourd'hui. Dérèglement climatique, pollution de l'air, inégalités croissantes, risque terroriste, stress sur la ressource en eau d'ici à la fin du siècle, crise migratoire… tous ces défis placent les villes en première ligne", écrit l'édile, en préface de ce plan.

 

Pour l'élue, il est urgent que la ville, sa population, ses entreprises, ses infrastructures, s'adaptent et anticipent les changements. Un peu plus loin, Anne Hidalgo, écrit : "Il s'agit donc de transformer Paris, pour affronter les risques du siècle avec sérénité et améliorer la qualité de vie à court comme à long terme". La stratégie dévoilée s'appuie donc sur trois piliers : tout d'abord une approche sociale et sociétale, inclusive et solidaire, en mobilisant les citoyens et les associations et en multipliant les gestes de partage. Le second pilier, plus concret, invite à "concevoir autrement les espaces urbains et infrastructures".

 

Mieux faire face aux canicules, sécheresses, pluies diluviennes et inondations

 

Sur ce dernier point, les idées ne manquent pas. L'action numéro 10, par exemple, ambitionne de "transformer les cours d'écoles en oasis, véritables îlots de fraîcheur". Car il faut savoir que ces espaces totalisent 800.000 m² (écoles et collèges), recouverts de bitume non perméable. L'objectif sera ici de modifier les revêtements (enrobé évapo-transpirant et perméable, bois recyclé, tapis producteur d'énergie) et de végétaliser les cours. Des missions éducatives pourront y prendre place, notamment dans des potagers et vergers pédagogiques. Un premier établissement pilote sera livré à la rentrée 2018. La végétalisation occupe une place importante de la stratégie municipale, puisque plusieurs points insistent sur la place de la nature en ville, sur l'aménagement d'espaces verts capables de capter les eaux de pluie sans pour autant faciliter la prolifération des moustiques. De nouveaux usages des toitures et des sous-sols pour de l'agriculture urbaine seront encouragés, notamment via le concours Réinventer Paris II. La notion d'urbanisme "transitoire", impliquant l'utilisation temporaire de friches ou de bâtiments, sera, elle-aussi, développée, y compris pour accueillir des réfugiés ou des SDF.

 

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