La centrale au sol de Belvézet (Gard) voit sa puissance augmenter de plus de 50 % grâce à l'apport de nouveaux capteurs solaires qui suivent le mouvement de l'astre dans le ciel. Cette 2e phase du projet, lancée en 2014, permet de dépasser les 30 MWc de puissance installée. Détails.

L'Occitanie est plus que jamais un moteur de la transition énergétique. La région méridionale a même pour ambition de devenir la première d'Europe à énergie positive d'ici à 2050. Dans le Gard, les sociétés Altergie, Générale du Solaire et Sovafim, ont inauguré ce jeudi 26 octobre 2017, la deuxième phase d'une vaste centrale photovoltaïque au sol au lieu-dit "Bois de la Vièle", sur la commune de Belvézet. Cette nouvelle tranche, d'une puissance de 11 MWc présente une particularité par rapport à la première : elle est dotée de capteurs solaires orientables selon l'axe Est-Ouest, qui leur permet d'être toujours face au soleil. Une solution qui améliore leur rendement de 15 % environ, par rapport à des capteurs classiques fixes. Un surplus d'énergie utile pour approvisionner 6.000 foyers occitans en électricité verte, à hauteur de 18.000 MWh/an.

 

Autre spécificité : en accord avec les actionnaires du projet, Générale du Solaire a choisi de privilégier des équipements "made in France". Les trackers solaires, par exemple, ont été fournis par l'entreprise aixoise Optimum Tracker, tandis que les 40.700 modules photovoltaïques proviennent des usines de Sillia VL, implantées à Lannion (Côtes-d'Armor) et Vénissieux (Rhône). Quant aux équipements électriques, tels les onduleurs et transformateurs, ils ont été produits par l'entreprise toulousaine Ingeteam, ce qui permet de revendiquer une centrale 100 % française.

 

Une situation exceptionnelle

 

La première phase du projet, imaginée en 2009, avait été mise en service en mai 2014. D'une puissance de 20,2 MWc, elle s'étend sur 32 hectares clos, dans des zones de chênaies vertes. Sur trois emprises distinctes 78.700 capteurs solaires parviennent à produire 30.000 MWh annuellement, ce qui surpasse les estimations initiales. Au mois de septembre 2013, les porteurs du projet avaient anticipé la suite, en déposant le permis de construire de la seconde tranche, finalement obtenu en juillet 2014. Le montant des investissements pour cette deuxième étape est évalué à 15,5 M€ HT, dont 15 % de capitaux propres apportés par les partenaires et 85 % de dette bancaire auprès du Crédit du Nord.

 

Le site d'implantation devait initialement être équipé de trois centrales totalisant une puissance de 34 MWc et s'étalant sur 59 hectares mais les services de l'Etat avaient demandé une révision des plans. Il en résulte une ferme légèrement plus petite (31,2 MWc pour 52 hectares) qui bénéficie toutefois d'un formidable ensoleillement de référence, mesuré à 1.563 kWh/m²/an d'irradiation globale horizontale. Et le milieu naturel en ressortira préservé puisque la commune de Belvézet a créé une zone de biodiversité protégée couvrant 582 hectares sur les 1.300 de son domaine privé. "Une grande partie de cet espace correspond à d'anciennes zones de garrigue ouverte et de pâturages qui permettront la réimplantation de la riche biodiversité spécifique des zones ouvertes méditerranéennes", précise le dossier. Papillons damier, alouettes lulu, engoulevents et circaètes pourront donc y prospérer en toute quiétude.
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