Une quarantaine d'ouvriers sont en grève depuis lundi 23 janvier, sur un chantier de la station Châtelet à Paris. Travaillant pour un sous-traitant de la Sogea TPI, filiale du groupe Vinci, ils n'auraient pas été payés depuis plusieurs mois pour certains. Le groupe de BTP a décidé ce mercredi de mener une enquête interne tandis que la RATP porte plainte contre X.

Une situation embarrassante pour le groupe de BTP Vinci. Une quarantaine d'ouvriers, chargés de carreler une station du métro Châtelet à Paris, pour un sous-traitant de la Sogea TPI, filiale de Vinci Construction sont en grève depuis le 23 janvier 2017 à minuit pour obtenir notamment le paiement de leurs salaires signale l'Union syndicale de la construction CGT-Paris et délégué CGT du groupe Vinci dans un communiqué. Les organisations ajoutent que ces ouvriers travaillaient jusqu'à lundi sur un chantier de rénovation du métro parisien sous le contrôle de l'entreprise FH Service, sous-traitant de la Sogea TPI.

 

 

"Quasiment tous non déclarés"

 

"Ces ouvriers, majoritairement des travailleurs turcs, quasiment tous non déclarés n'ont pas été payés depuis deux à huit mois selon les cas", a expliqué Christian Renard, le responsable syndical CGT. Avant d'ajouter que l'Inspection du travail a procédé à un contrôle lundi soir.

 

En clair, les ouvriers réclament en premier lieu le paiement des arriérés de salaire, ainsi que l'ensemble de leurs fiches de paie, avec leur contrat de travail. Sans nouvelle de l'employeur direct, le délégué syndical estime désormais que "le dossier est entre les mains de Vinci Construction", qui "peut les embaucher" dans la mesure où les travaux du Grand Paris apporteront "beaucoup de boulot".

 

Dans un communiqué, publié le 24 janvier, la CGT-Construction dénonce "une situation scandaleuse qui met une nouvelle fois à jour la forte vulnérabilité de ces travailleurs en situation précaire, victimes du travail dissimulé, exposé à la surexploitation et aux risques professionnels par des patrons sans scrupules."

 

Vinci réagit et la RATP porte plainte


De son côté, le groupe Vinci a décidé ce mercredi d'enquêter sur "la situation des salariés de l'entreprise FH Service, sous-traitant de [sa] filiale Sogea TPI, opérant sur un chantier de rénovation de la station Châtelet à Paris pour le compte de la RATP", a-t-il précisé ce mercredi dans une déclaration à l'AFP. "Au stade de l'enquête interne, nous constatons que ces travailleurs sont dans une situation inacceptable", a poursuivi Vinci, qui qui dit rechercher une "solution durable". "Selon nos informations, ces ouvriers sont en situation régulière en France. Pour autant, il y aurait des retards dans le paiement de leurs salaires", a-t-il précisé.

 

 

Le groupe de BTP a assuré également veiller en permanence à garantir un traitement équitable à l'ensemble des personnes présentes sur ses chantiers, qu'il s'agisse de "ses salariés directs ou ceux de ses sous-traitants", et ce "sur tous ses chantiers et dans tous ses métiers, partout dans le monde".

 

En revanche, la RATP a pour sa part "décidé de porter plainte contre X pour le préjudice subi". Le maître d'ouvrage du chantier a affirmé dans un communiqué mercredi soir s'être "acquitté de toutes se obligations contractuelles" vis-à-vis de Sogéa, notamment le paiement de "toutes les factures présentées (...) pour le compte de son sous-traitant". L'entreprise publique qui dit n'être "en aucune manière à l'origine du litige", ajoute avoir demandé à la filiale de Vinci "de permettre la reprise des travaux "dans les meilleurs délais".

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