La fondation Abbé Pierre vient de publier une lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielle. L'organisme propose d'actionner six leviers pour faire disparaître "le scandale des sans-domiciles".

"SDF : objectif zéro !" C'est l'intitulé d'un plan, dévoilé le 3 avril par la fondation Abbé Pierre, visant à en finir avec le "scandale des sans-domicile". D'après l'organisme, 143.000 personnes sont sans-domicile en France, dont 30.000 mineurs. La fondation a publié sur son site une lettre ouverte aux candidats à la présidence de la République, pour les inviter à "mettre en oeuvre ce plan dès [leur] arrivée au pouvoir".

 

En quoi consiste-t-il ? Six leviers d'actions sont privilégiés par les auteurs de la fondation Abbé Pierre. Tout d'abord, il s'agit de pouvoir proposer à chacun un logement "sans délai ni condition". Dans ce cadre, il faudrait procéder à une ré-attribution d'un logement social sur quatre au bénéfice des des sans-domicile et des ménages prioritaires. La fondation invite également le futur président de la République à accroître la production de logements "vraiment sociaux" (PLAI et PLUS) à hauteur de 150.000 par an, en particulier dans les territoires tendus.

 

Mettre en place la garantie universelle des loyers (Gul)

 

Pour ce qui est du logement privé, il s'agirait de "dynamiser les conventionnements de logements privés par l'Anah pour capter chaque année 40.000 logements". Dans ce type d'opérations, "il est essentiel de proposer aux bailleurs privés intéressés un 'package' comprenant des aides simplifiées, afin de sécuriser leur rendement locatif par une indemnisation fine des baisses de loyer qu'ils consentent".

 

L'autre chantier porterait sur la question des expulsions, que le prochain gouvernement devrait combattre, pour la fondation. "Cela implique d'indemniser les bailleurs en cas d'impayés, par exemple par la mise en place promise par la loi Alur d'une véritable garantie universelle des loyers (Gul)".

 

Les effets, pour la fondation, consécutifs à la mise en oeuvre de ce plan d'urgence ne se feraient pas attendre : il n'y aurait plus de SDF d'ici cinq ans dans les villes petites et moyennes et d'ici dix ans dans les métropoles. "Les solutions qui marchent sont connues, à bien des égards elles sont déjà mises en oeuvre ici ou là, en France ou à l'étranger", estiment les auteurs de la fondation. "Nul besoin d'un nouveau diagnostic ou d'une nouvelle grande loi pour agir en ce sens."
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