Tel un cheval au galop, le nouveau bâtiment de l'hippodrome de Longchamp arbore un profil dynamique, fuyant et aérien. Conçu par l'architecte Dominique Perrault, la future structure se veut résolument moderne et en phase avec les critères internationaux du monde des courses hippiques. Interview.

Cela fait vingt ans que le projet de rénovation de l'hippodrome de Longchamp est dans les tuyaux. Vingt ans qui s'apparentent à un véritable « parcours du combattant », selon les termes de Bertrand Bélinguier, président de France Galop, lors de la présentation du projet ce mardi 29 septembre 2015. Entre le benchmarking - voir ce qui se faisait à l'étranger notamment - le lancement du concours d'architecte (2011), les négociations avec la Ville de Paris (propriétaire du site) avec qui France Galop vient de signer une convention jusqu'en 2056, le dépôt du permis de construire en 2013 et l'obtention de son agrément l'année suivante, sans compter les autorisations du Conseil d'administration de France Galop et des ministres de tutelle… Le projet va enfin voir le jour.

 

"Il était indispensable que le galop ait un hippodrome phare. A l'époque où de nombreux hippodromes dans le monde ont été restaurés, il fallait une structure qui réponde au goût du jour", explique Bertrand Bélinguier. Situé au cœur du bois de Boulogne, à Paris, l'hippodrome a été construit au 19e siècle, sous Napoléon III. Depuis, des travaux ont bien été réalisés, mais les derniers datent de la fin des années soixante. C'est pourquoi, le maître d'ouvrage, France Galop, a décidé de détruire pour tout reconstruire.

 


"L'idée est de diminuer visuellement la présence de l'architecture", Dominique Perrault

Batiactu : Un hippodrome, c'est une première pour vous. Quelles difficultés et contraintes avez-vous dû contourner ?
Dominique Perrault : Si l'on compare aux différentes aventures qui ont eu lieu dans le bois de Boulogne récemment, entre la Fondation Vuitton, Roland-Garros, etc., on est ici dans une configuration plus paisible. Ici, l'idée est de diminuer visuellement la présence de l'architecture, en transformant une architecture des années soixante non conforme aux normes actuelles. La situation est donc très favorable pour redéployer un projet plus ouvert, plus moderne et plus dynamique dans son écriture. Nous n'avons pas rencontré de problématiques particulières.

 

Batiactu : Vous avez évoqué le désamiantage des anciens bâtiments…
D.P. :
C'est un travail classique, il n'y a pas énormément d'amiante car nous sommes sur un système de façades comme sur un bâtiment. Disons qu'il faudra démolir les tribunes existantes avec certaines précautions. Mais ce n'est pas très complexe.

 

Batiactu : Le confort est un thème qui vous est cher…
D. P. :
En effet, et il existe plusieurs types de confort. Celui de proximité, avec la partie rond de présentation, jockeys, balances, propriétaires qui sont toutes très proches de leur lieu d'intervention. Quand ils se déplaceront dans la tribune pour rejoindre les différents espaces qui leur sont dédiés, ils profiteront d'une circulation abritée. On est là encore dans un confort de mouvement et d'environnement. France Galop nous a fourni un cahier des charges bien précis, avec une dimension technique parfaitement maîtrisée de par leur expérience de leurs autres hippodromes. Ce qui nous a permis de mettre en place très rapidement les dispositifs les mieux adaptés aux besoins.

 

Batiactu : Quels sont vos autres projets en France ?
D. P. :
La Poste du Louvre. Et aussi les tours du pont de Sèvres seront livrées le 25 novembre prochain, marquant l'achèvement de cette vaste opération sur les rives de l'Ile Séguin.

 

Batiactu : Vous venez d'être distingué au Praemium Imperiale. Que ressentez-vous ?
D. P. :
C'est une grande émotion, c'est un prix exceptionnel, culturel, qui intéresse le monde entier. Je serais à Tokyo dans quelques semaines pour recevoir ce prix.

 


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