Dans la foulée des derniers comités interministériels, le préfet de la région Ile-de-France a dressé le bilan d'avancement du Grand Paris, un projet d'ampleur. Au menu : la modernisation des lignes existantes, la construction d'un nouveau métro automatique de rocade, le Grand Paris Express et enfin la réalisation de 70.000 logements par an. Etat des lieux.

En dévoilant, en début d'année, l'état d'avancement du Grand Paris, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, Jean-François Carenco rappelle le "chemin parcouru" de ce projet d'envergure aux acteurs publics et privés franciliens dont le coût s'élève à près de 26 milliards d'euros et qui concerne les transports, les logements et la rénovation des quartiers prioritaires.

 

"Le Grand Paris Express entre en phase de travaux"

 

Dans son bilan, le préfet francilien se veut ainsi confiant : "Le Grand Paris Express (Ndlr : 205 km, desservant 72 gares) entre en phase de travaux. La modernisation des transports existants avance tous les jours : l'ouverture le 13 décembre dernier de la gare Rosa Parks sur le RER E, dans le 19ème arrondissement de Paris, en témoigne."

 

En détails, la poursuite de la mise œuvre des lignes 14 vers Saint-Denis au Nord, vers Orly au Sud, ligne 15 en rocade, ligne 16 sur l'Est, ligne 16 et 17 en direction de Roissy et enfin ligne 18 est confirmée par l'Etat.

 

Les bonnes nouvelles concernent l'intervention en cours des deux tunneliers depuis l'automne 2015 pour le prolongement ligne 14 nord ainsi que le démarrage des travaux préparatoires sur la ligne 15 sud.

 

A noter également, le début des travaux de construction des gares des lignes 14 Nord et 15 Sud ainsi que les enquêtes préalables aux déclarations d'utilité publique (DUP) avant fin 2016 pour toutes les lignes du GPE.

Du côté du financement, la préfecture de région précise que "le Conseil de Surveillance de la Société du Grand Paris a approuvé le vendredi 13 novembre 2015 les trois dernières opérations d'investissement pour un montant total de plus de 8 milliards d'euros : ligne 17 Nord (du Bourget RER au Mesnil-Amelot) ligne 15 Est (de Saint-Denis Pleyel à Champigny) ligne 18 (d'Orly à Versailles)."

 

Au final, la mise en service progressive de ce nouveau réseau est prévue entre 2018 et 2030 soit, pour les dernières lignes, avec cinq ans de retard sur le calendrier initial.

 

Renforcement et prolongement des lignes RER

Les travaux d'amélioration des RER A, B, C et D et transiliens sont également dans le viseur de l'Etat : poursuites de la mise en œuvre des schémas directeurs des RER A, B, C et D à travers la création d'installations de retournement à Etoile et à Chessy, l'aménagement d'une 4ème voie en gare de Cergy-le-Haut sur le RER A, l'amélioration de la signalisation, la reconfiguration du plan de voie à Saint-Rémy-lès-Chevreuse et enfin la création d'un tiroir de retournement à Orsay sur le RER B.

 

S'agissant du prolongement et la création de nouveaux tramways, la préfecture de région, signale les prolongements du T1 à l'ouest, du T1 à l'Est, du T3 porte d'Ansières, du T6 Chatillon-Viroflay, du T7 Villejuif-Juvisy phase 2, du T9 Paris-Orly-ville et enfin du T10 Antony-Clamart. Précisons que le calendrier de prolongement du tramway T4 sera tenu, permettant d'achever l'infrastructure en 2018.

 

De plus, les négociations portant sur le plan de financement global du projet EOLE en vue d'une signature au premier semestre 2016 sont sur le point de se finaliser. Ajoutons qu'une enquête publique du projet de liaison du CDG Express sera publiée au premier semestre 2016 en vue d'une déclaration d'utilité publique modificative.

 

Manuel Valls a confirmé en octobre 2014 que les aéroports de Roissy Charles-de-Gaulle et d'Orly seraient bien desservis par "les nouvelles lignes du Grand Paris Express dès 2024, ainsi que le pôle de Saclay". De même, il avait confirmé la mise en service en 2023 du Charles-de-Gaulle Express, entre Paris et Roissy.

 

Du côté des autoroutes, 15 millions d'euros ont été dépensés fin 2015 pour nettoyer et remettre à niveaux les autoroutes, notamment pour l'accès aux aéroports, ajoute la préfecture.

 

"L'objectif de 70.000 nouveaux logements par an est à portée de main"

 

Les mesures en faveur de la construction de logements portent leurs fruits, complète le préfet Jean-François Carenco. "L'objectif de 70.000 nouveaux logements par an est à portée de main", avance-t-il, d'autant plus que la population du Grand Paris et de la région Ile-de-France évolue. "La construction de logements sociaux atteint des points hauts depuis 2013", ajoute-t-il. C'est pourquoi l'État et les collectivités locales s'engagent sur la création de nouveaux quartiers grâce à la création des contrats d'intérêt national (CIN) avant la fin avril 2016 et de nouvelles opérations d'intérêt national (OIN) par la voie d'un décret pour les premiers OIN en Conseil d'Etat au premier semestre 2016.

 

Pour la rénovation des quartiers prioritaires de la politique de la ville d'intérêt national, l'ANRU mobilisera 5 milliards d'euros sur 200 quartiers, dont 59 en Ile-de-France. De plus, pour les projets d'intérêt régional, 190 millions d'euros ont été alloués à l'Ile-de-France, par l'ANRU. Ils seront complétés par l'effort spécifique de la Région sur les projets d'intérêt régional. Pour les copropriétés dégradées, le Gouvernement a déjà engagé deux opérations de requalification à Clichy-sous-Bois et à Grigny. Deux nouveaux projets spécifiques et ambitieux sont prévus pour Mantes-la-Jolie et Argenteuil, ajoute la feuille de route de la préfecture. Enfin, les contrats de ville renouvelés ont tous été signés avant 2016, sur les 77 sites du périmètre de la région.

 

"C'est un effort considérable de solidarité au profit de quartiers qui ont tous vocation à participer pleinement de la dynamique du Grand Paris", estime l'autorité administrative.

 

L'aide aux maires bâtisseurs de 13 millions d'euros au titre du premier semestre 2015 dont 4 millions d'euros pour la grande couronne et 9 millions d'euros pour la petite couronne ainsi que les prêts Gaïa de la Caisse des Dépôts récemment entrés en vigueur encourageront cette dynamique, conclut la préfecture de Région. Enfin, la poursuite du développement du chauffage urbain alimenté par des énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) fait partie de la feuille de route de la préfecture. En chiffres : depuis le 1er janvier 2015, 15.140 nouveaux équivalents logements ont été raccordés à un réseau de chaleur alimenté par des énergies renouvelables.

 


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