Lors d'un déjeuner rencontre, organisé par la fédération du négoce de bois et des matériaux de construction (FNBM), son président s'est montré inquiet de l'instabilité politique actuelle à l'approche de la présidentielle 2017. Les acteurs du secteur réclament de la stabilité.

"Il va falloir s'y habituer. Un monde désordonné et nouveau s'impose chaque jour sous nos yeux. Parfois incrédule, souvent surpris, incompréhensible pour certains, contradictoire pour d'autres. Toujours est-il que plus rien ne se passe comme prévu désormais dans la sphère tourbillonnante du pouvoir politique," a déclaré Géraud Spire, Président de la FNBM, en introduction d'un déjeuner rencontre organisé par la fédération.

 

Le Président, dont le mandat vient de se terminer, précise : "On pourrait s'en accommoder, voir s'en amuser, si notre filière du bâtiment ne nécessitait pas de crédibilité, de stabilité, de visibilité et de lisibilité". Faisant référence aux récents scrutins dont les résultats ont surpris beaucoup de monde, le Brexit puis l'élection de Donald Trump, Géraud Spire recommande donc aux organisations et aux entreprises du secteur de "faire preuve d'anticipation, d'audace et d'imagination".

 

A l'approche de l'élection présidentielle, "il devient de plus en plus difficile d'anticiper les échéances à venir", constate-t-il. Une situation perturbée qu'a ensuite décrypter l'éditorialiste Jean-Michel Aphatie pour qui "ce qui semblait acquis est remis en cause".

 

Le compte pénibilité menacé ?

 

Si les résultats des élections à l'étranger ont étonné, l'assistance s'interroge sur celle qui aura lieu en France dans quelques mois : la présidentielle. Les sondages annonçant un changement de gouvernance, la Fédération s'inquiète des changements que cela pourraient entraîner pour le secteur. "Nous bouclons à peine notre adaptation au chantier de la pénibilité, pour lequel nous avons travaillé dur, sans relâche pour proposer des solutions à nos adhérents, […] que des voix s'élèvent déjà pour réclamer la suppression de cette mesure". Une mesure qui est "peut-être justifiée quant aux risques couverts", souligne-t-il mais qui est cependant "fort contraignante voir pénible administrativement pour nos entreprises".

 

Il poursuit : "Nous craignons que les lois hasardeuses ne durent que ce que dure un mandat législatif et nous ne pouvons pas laisser nos entreprises prendre le risque d'attendre qu'une majorité vienne défaire ce que la précédente à instaurer". "Le temps du chef d'entreprise n'est pas celui du politique", a-t-il rappelé.

 

La question épineuse du recyclage des déchets

 

Evoquant les mesures prises lors du mandat en cours, Géraud Spire tient à revenir sur l'une d'entre elles qui ne passe pas : celle du recyclage des déchets et l'obligation pour les distributeurs de reprendre les déchets correspondants. "Nous ne pouvons plus accepter que l'on impose de manière injuste et exclusive à nos entreprises des obligations qui devraient concerner l'ensemble de notre filière". Une mesure qui se traduit par un contentieux, les organisations professionnelles de la distribution du bâtiment ayant porté l'affaire devant le conseil constitutionnel et auprès du Conseil d'Etat. "La reprise des déchets du bâtiment ne saurait relever de la compétence exclusive des négociants", a-t-il ajouté, "c'est pourquoi nous contestons la loi".

 

Après les sujets délicats, la fédération a tout de même rappelé les avancées sur des dossiers moins controversés. Ainsi Géraud Spire a salué la signature de la convention collective unique pour la filière et celle de la charte pour la montée en compétence des artisans. Enfin, il a rappelé que le dispositif RGE était une priorité pour le secteur.
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