Relié à Paris en 82 minutes par le TGV depuis 2007, Metz aurait rapidement pu devenir un centre d’affaires incontournable, essentiellement composé de bureaux. Mais c’était sans compter sur la politique urbaine de la ville : «Le Quartier de l’Amphithéâtre, qui se veut exemplaire en terme de renouvellement urbain, va être un modèle de cité «multifonctionnelle», explique Jacques Mertro, président de la ZAC en travaux. Il regroupera un maximum d’activités, mais de natures différentes, tout en répondant à une politique sociale et environnementale durable».
Un quartier accessible
Pour l’heure, le Quartier de l’Amphithéâtre se compose d’un palais omnisports et d’un vaste parc de 20 hectares à l’est, et du centre Pompidou (en voie d’achèvement) à l’ouest. D’ici une quinzaine d’années, ce quartier devrait aussi accueillir 50.000 m² de bureaux, 38.000 m² de commerces et 1.500 logements, autant d’activités qui devraient drainer une population mixte et variée dans un espace commun.
Mais, encore faut-il que les moyens d’accès et les transports suivent : «La principale problématique de ce quartier a été la voie ferrée qui le coupe du nord au sud, indique Jacques Mertro. Pour rétablir une circulation plus uniforme, trois percées transversales est-ouest ont été créées». Pour relier le quartier au reste de la ville, la rue courbe existante desservira tous les futurs immeubles. Enfin, concernant les transports en commun, Metz devrait s’inspirer du modèle nantais : «Outre le passage de l'Amphithéâtre qui va assurer une liaison piétonne immédiate vers le centre-ville, un «bus-way», sorte de tramway sur pneus, devrait bientôt voir le jour».
Un pôle culturel
Le centre Pompidou est la pièce maîtresse de ce quartier. Localisé aux côtés de l’amphithéâtre antique, il a nécessité de nombreuses fouilles préventives qui ont duré deux ans, pour un coût d’environ 5 millions d’euros. Moderne et performant, ce nouveau musée est intégré dans une démarche environnementale : «Sa toiture est capable de retenir l’eau de pluie, qui sera ensuite envoyée vers le parc où des systèmes de bassin permettront un rejet propre dans la rivière de la Seille», stipule notamment Jacques Mertro.
Mais cette infrastructure innovante sera surtout une institution «sœur» du musée homonyme parisien, ce qui favorisera la décentralisation des collections phares d’art contemporain. De quoi «accroître le rayonnement culturel» de la ville, selon Jacques Mertro, mais aussi donner à la cité romane un profil résolument plus moderne…