En cas de risque de gelée, le concepteur recommande une vidange des 150 litres, afin de ne pas risquer d'endommager la cuve. "Le système est plus indiqué pour les zones chaudes. Il a été testé à la Réunion et en Martinique et des exemplaires ont été vendus en Afrique", détaille Denis Leturgie. Solution alternative : placer le méthaniseur sous abri de jardin. Ce dernier pourra également supporter les panneaux solaires (qui apporteront des calories à l'intérieur de la structure) et mettra l'équipement sous clef, pour plus de sécurité, même si l'entonnoir est déjà muni d'un tel dispositif. Autre possibilité, placer l'installation dans le garage. "Le système fonctionne sous basse pression (750 mbar) et il est équipé de vannes et de soupapes de sécurité. La réaction anaérobie se fait en absence d'oxygène, ce qui fait que la combustion du gaz est impossible. Mais, malgré cette sécurité, je recommande de le placer à l'extérieur, ne serait-ce que pour le risque d'odeur si tous les déchets ne sont pas correctement évacués de l'entonnoir et du broyeur", relate l'inventeur.

 

Correctement alimenté en déchets, idéalement 500 grammes par jour ou 1 kg tous les deux jours, le méthaniseur produit tout de même de façon "très aléatoire" concède Denis Leturgie. Le rendement des bactéries varie en effet suivant la température extérieure et la nature des matières introduites dans le digesteur. SCTD Industries ne s'engage donc pas sur les résultats obtenus par l'installation. Mais elle est éligible à un crédit d'impôt de 30 % : "La loi de finance est très claire : toute installation produisant de l'électricité à partir de biomasse peut en bénéficier", assure le concepteur. Un argument suffisant pour remplacer les poules pondeuses capables d'ingurgiter 150 kg de déchets organiques par an, tout en produisant un œuf par jour ? Electricité ou omelette, il faudra faire un choix… La société SCTD propose d'ailleurs des modèles plus importants, destinés à des restaurateurs ou des campings, les M-700 et M-1000. "Ils ont des pompes d'amorçage, ce sont des systèmes semi-professionnels qui s'adressent à un marché différent. Mais les restaurateurs ont entre 600 et 1.000 € par mois pour l'enlèvement de leurs déchets organiques. S'ils peuvent produire du biogaz à la place, c'est tout de suite plus intéressant", résume le chef d'entreprise. L'investissement restera conséquent le système Méthatec, posé et installé (réservoirs, générateur électrique, panneaux solaires en toiture, système de pilotage et raccordements) atteint les 23.000 € dont 5.000 seront remboursés sous forme de crédit d'impôt. Malgré ce handicap, Denis Leturgie reste confiant : selon ses estimations, entre 80 et 90 installations seront vendues chaque mois, à compter de novembre 2016. Pour l'heure, une trentaine est déjà en exploitation. L'électricité biomasse individuelle saura-t-elle se faire une place dans le paysage des EnR ?

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