Les résultats des différents segments du marché français des pompes à chaleur et systèmes de climatisation sont globalement bons, sur les huit premiers mois de l'année 2016. L'association PAC&Clim'info dresse le bilan et les perspectives.

"Pour ce bulletin de rentrée, la moyenne est plutôt bonne et elle ferait même rêver beaucoup d'industries", résume Didier Metz, le président de PAC&Clim'info. Les différents segments du marché français des pompes à chaleur et des climatisations montrent en effet des résultats en hausse sur les deux premiers quadrimestres de l'année.

 

Par exemple, le marché des PAC air/air pour le résidentiel s'est montré très dynamique, avec près de 350.000 unités écoulées entre les mois de janvier et août, soit une progression de +25 % par rapport à la même période en 2015. "Nous sommes sur des niveaux très hauts par rapport à l'an passé", assure Stéphanie Gauthier, de chez Atlantic Climatisation & Ventilation. Plus en détail, ce marché dit "de la climatisation de confort" se répartit entre deux solutions, les monosplits d'un côté (265.000 machines, +21 %), et les multisplits de l'autre (81.000, +39 %). La plus forte hausse de cette seconde technologie serait liée au caractère plus "réfléchi" des installations d'une année post-caniculaire, alors qu'en 2015, ce sont les monosplits qui avaient permis de répondre au plus vite aux pics de chaleur. Du côté des unités intérieures, toutes les solutions techniques sont en progrès (unités murales +31 %, consoles +22 %, gainables + 20 %), sauf les plafonniers qui reculent légèrement (-3 %) et ne représentent qu'une infime proportion du marché. Quant aux puissances des machines installées, les professionnels remarquent une plus forte demande pour les "petites" solutions, c'est-à-dire moins de 5 kW en monosplit (+23 %) et moins de 7 kW pour les multisplits (+43 %).

 

Des installations aux puissances moins élevées

 

Pour les familles de produits destinés aux bâtiments tertiaires et commerciaux, même constat : les petites puissances (moins de 15 kW) ont beaucoup progressé (+38 %), en raison des progrès réalisés dans l'isolation du bâti et d'une offre plus étoffée des mini-DRV (débit réfrigérant variable). En tout, 14.000 groupes extérieurs ont été vendus sur les huit premiers mois de l'année 2016 (+21 %) qui devrait être une année record, selon les acteurs du secteur. Le chiffre de 17.500 groupes écoulés en 2015 devrait même être largement battu. Pour les unités intérieures, PAC&Clim'Info note peu d'évolutions des parts de marché depuis une dizaine d'années : les cassettes représentent toujours entre 45 et 47 % des solutions. En revanche, il y a eu une inversion du rapport de force entre les gainables (aujourd'hui 28 % du marché) et les muraux (19 % en 2016), des chiffres qui étaient respectivement de 18 % et 28 % en 2005. "Consoles et plafonniers restent marginaux (7 % environ)", note Julien Masson, de Hitachi Air Conditioning Europe. Régionalement, c'est l'Île-de-France qui constitue le premier débouché commercial de France (20 % de tout le marché national), devant Rhône-Alpes (15 %) et PACA (12 %). Pour le marché des grandes surfaces commerciales et des rooftops, les tendances sont moins favorables : les splits de forte puissance (supérieure à 17,5 kW) sont en repli (-3 %) avec 2.200 groupes extérieurs vendus, tout comme les rooftops (-15/18 %). "Il y a un transfert vers d'autres technologies, notamment les mini-DRV", souligne le spécialiste.

 

Stabilisation de certains marchés

 

Concernant le marché des centrales de traitement d'air, qui connaissait une dégringolade depuis 2011, il a enregistré un rebond en 2015, qui se confirme en 2016 (+5 %). En tout, 8.000 centrales devraient être installées cette année. "Il y a une stabilisation du marché. Les unités avec récupération de chaleur progressent, ce qui est un effet de la réglementation thermique, mais le prix unitaire des centrales augmente", analyse Frédéric Petit, d'AL-KO. Dans ce secteur, ce sont principalement les puissances intermédiaires et les machines dont le débit est compris entre 5.000 et 15.000 m3/heure qui portent la demande. Du côté de l'aérothermie (PAC air/eau), le marché tend également à se stabiliser. Avec 46.000 pièces écoulées entre janvier et août 2016 (+3 %), l'année 2016 devrait se terminer sur un volume total de marché compris entre 75.000 et 80.000 machines. "Les monoblocs ralentissent (-9 %) avec 4.300 pièces tandis que les biblocs portent le marché avec 42.000 unités (+4 %)", détaille Charlotte Brunello, de Daikin. Le même phénomène de report vers des petites puissances (moins de 6 kW) s'observe ici (+17 %), mais la spécialiste précise : "Le marché de la rénovation souffre aujourd'hui, avec un prix du fioul qui freine le retour sur investissement d'une PAC". Et les difficultés sont encore plus grandes pour les solutions de géothermie. Le marché français pour ces solutions techniques rétrécit comme une peau de chagrin depuis 6 ans et n'atteint plus désormais que 1.400 pièces sur huit mois (-22 %). "C'est un produit cher, pas privilégié par la réglementation, qui n'est donc pas mis en avant et qui ne rencontre pas le succès", résume-t-elle. Les solutions eau/eau totalisent 1.200 systèmes (-16 %) tandis que les sol/eau passent sous la barre des 100 installations en huit mois (-47 %). Enfin, pour les PAC destinées à la production d'eau chaude sanitaire, les fortes hausses enregistrées ces dernières années laissent place à une stabilisation avec 49.000 chauffe-eau thermodynamiques commercialisés (-3 %). "Il s'agit d'une spécificité française liée à la RT 2012 et à son obligation de production d'EnR", estime-t-elle. Le respect de la réglementation thermique, la recherche de performances énergétiques accrues et des besoins de puissance moindre sont donc les principaux moteurs des évolutions du marché français.
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