D'après la dernière note de conjoncture de l'observatoire Clameur, les loyers sont en baisse depuis le début de l'année 2017 dans la majorité des grandes villes françaises. Une bonne nouvelle pour les locataires, un peu moins pour les bailleurs. Décryptage.

Top 10 des villes où les loyers ont le plus baissé en 2017

 

1- Rennes : -3,6% €/m2
2- Le Havre : -3,5 €/m2
3- Marseille : -2,7 €/m2
4- Villeurbanne : -1,8 €/m2
5- Grenoble : -1,8 €/m2
6- Angers : -1,4 €/m2
7- Bordeaux : -0,8 €/m2
8- Reims : -0,6 €/m2
9- Paris : -0,6 €/m2
10- Saint-Étienne : -0,5 €/m2

Top 10 des villes aux loyers les moins chers en 2017

1- Saint-Étienne : 7,7 €/m2
2- Angers : 10,2 €/m2
3- Nîmes : 10,6 €/m2
4- Le Havre : 10,7 €/m2
5- Toulon : 10,8 €/m2
6- Dijon : 11,0 €/m2
7- Reims : 11,5 €/m2
8- Rennes : 11,7 €/m2
9- Grenoble : 11,8 €/m2
10- Marseille : 12€/m2

Top 10 des villes aux loyers les plus chers en 2017

1- Paris : 25,1 €/m2
2- Nice : 16,0 €/m2
3- Lille : 13,8 €/m2
4- Montpellier : 13,7 €/m2
5- Lyon : 13,1 €/m2
6- Bordeaux : 13,0 €/m2
7- Strasbourg : 12,6 €/m2
8- Nantes : 12,1 €/m2
9- Toulouse : 12,0 €/m2
10- Villeurbanne : 12€/m2

 


L'heure est à la baisse des loyers, une baisse qui touche tous les types de biens et toutes les régions. Révélée par la dernière note de conjoncture Clameur, cette tendance est le résultat d'une combinaison de différents facteurs : stabilisation des taux d'intérêt qui n'incite plus les locataires à devenir propriétaires, dégradation du moral des Français, affaiblissement de la demande, une mobilité faible des occupants... "Dans 64,1% des villes de plus de 100.000 habitants, les loyers baissent depuis le début de l'année et dans 25,6% supplémentaires, les loyers progressent moins vite que l'inflation", explique Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris Ouest, FRICS. Les baisses les plus importantes sont relevées à Rennes (-3,6%), au Havre (-3,5%) ou encore à Marseille (-2,7%). (voir le top des villes où les loyers ont le plus baissé en 2017, ci-dessus). Et tous les types de biens sont touchés : les studios (-0,1%), les deux pièces (-0,5%), les trois pièces (-0,9%), les quatre pièces (-1,2%) et même les 5 pièces (-1,7%).

Un impact de l'encadrement des loyers ?

Faut-il y voit un impact de la mise en place de l'encadrement des loyers ? Pas pour Clameur qui considère plutôt cette baisse comme une tendance de fond, totalement déconnectée de la mesure gouvernementale. Mesure qui, pour rappel, est en vigueur à Paris depuis août 2015, en région parisienne, mais aussi à Lille et à une partie de son agglomération depuis le 1er février 2017. "Le marché locatif se grippe, l'activité fléchit de manière sensible depuis 2016. Au final, nous sommes vraiment bien loin des progressions insoutenables des prix décrites ici ou là", commente Michel Mouillart. Pour preuve, il souligne que les loyers ont baissé partout, même dans des villes où la mesure n'est pas mise en place.

Des biens vendus au profit des locataires occupants

Si pour les locataires, la nouvelle de cette baisse généralisée est bonne. Elle ne l'est pas pour les propriétaires qui voient la rentabilité de leur bien se réduire. Résultat : ils sont moins enclins à effectuer les travaux d'entretien et d'amélioration nécessaires entre deux baux. Et l'on constate également qu'ils sont de plus en plus nombreux à vendre leur bien, au lieu de continuer à le louer, à ses occupants. De plus en plus de logements sont ainsi retirés du marché de la location, réduisant de ce fait l'offre locative. Un mouvement qui pourrait s'accentuer avec le récent appel d'Emmanuel Macron : le président de la République a appelé, devant les préfets, les propriétaires de logement à baisser leurs loyers, à la suite de la baisse de cinq euros du montant des APL...
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