CONJONCTURE. Pour la Fédération des promoteurs immobiliers, 2016 est un "très bon millésime" avec un bond de 21% des réservations de logements neufs. Un marché en croissance dû notamment aux faibles taux d'intérêts et des dispositifs fiscaux. Une dynamique à soutenir en 2017. Précisions.

C'est la première fois depuis 2010, et depuis que l'observatoire de la FPI couvre l'intégralité du territoire, que les réservations de logements auprès des promoteurs enregistrent une telle hausse. En 2016, elles ont bondi de 21%, atteignant 148.618 logements. "2016 est donc un "très bon millésime" pour le logement neuf, qui confirme un début de reprise économique et une confiance retrouvée des ménages, annonce la fédération qui souligne toutefois être "loin des pics atteints dix ans plus tôt". Et cette croissance "profite à tous", constate également l'observatoire.

 

Comment expliquer ces bons résultats ? "Le dispositif Pinel, le PTZ renforcé et les taux d'intérêts très bas font que les accédants reviennent sur le marché du neuf", a déclaré, ce mardi, Alexandra François Cuxac, la président de la FPI. "Il est indispensable de conserver" ces dispositifs "qui marchent bien" a-t-elle ajouté. Elle en a profité pour rappeler que lorsque des mesures fiscales étaient rabotées le marché baissait, comme ce fut le cas pour le dispositif Scellier. "Quand l'anxiété se fait sentir, les ventes se contractent", constate-t-elle.

 

Lever les blocages

 

Cependant, si la Présidente de la FPI précise que la profession "sent que la confiance est là", elle regrette qu'elle ne parvienne pas à satisfaire la demande. "La demande est là mais l'offre que les promoteurs peuvent développer pour y répondre reste trop contrainte : le stock de logements disponibles stagne et les délais d'écoulement sont passés de 14 à 9 mois entre 2014 et 2016", indique l'observatoire de la FPI. L'offre commerciale "se contracte fortement", constate Alexandra François-Cuxac, d'où la "nécessité de renouveler l'offre et donc de lever les blocages". "Notre difficulté, c'est le temps pour lever les freins", a-t-elle dit ajoutant que ce "temps de latence, nous inquiète".

 

Concernant les prix, qui ont progressé de 2,5% à 4.055 euros le m2 en moyenne en France, "ils doivent rester raisonnables", estime-t-elle. Toutefois, elle souligne : "Quand il y a de la demande et que nous avons du mal à produire et qu'en plus de cela les temps sont longs, alors il est difficile de conserver des prix maîtrisés". Et contrairement à ce que certains disent "nous ne vivons pas une bulle", a-t-elle tenu à préciser.

 

Et en 2017 ?

 

Si la Fédération attend le mois de mars pour présenter ses propositions aux candidats à la présidentielle, en attendant Alexandra François-Cuxac insiste : "il est capital" que le Gouvernement "desserre les freins qui ralentissent la production de logements : les recours abusifs, les normes envahissantes, la rétention foncière". Concernant les blocages à la construction, elle regrette également "les règlements techniques et environnementaux dont la RE2020 "qu'on nous impose".

 

Enfin, parce que le secteur du logement est dans une bonne dynamique, la FPI annonce qu'elle sera "au rendez-vous pour proposer les bons choix, nés de son expérience du terrain et de sa connaissance des besoins". "En 2017, la nouvelle équipe aura les cartes en main, soit pour entretenir cette dynamique, soit pour la casser", conclut-elle. Rendez-vous donc en mars pour connaître les propositions des promoteurs.
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