ETUDE. Alors que les températures extérieures dégringolent, un baromètre réalisé par Qualitel constate que les Français ne sont pas égaux face au froid dans leur logement.

« Il y a urgence à mettre en œuvre le plan de rénovation énergétique des logements anciens annoncé par le Gouvernement », analyse le Président de l'association Qualitel, Bertrand Delcambre. Le baromètre réalisé par Qualitel révèle en effet que les populations les plus modestes ont plus froid que les autres. Si 47% des Français disent avoir « parfois ou souvent » froid dans leur logement, le taux grimpe à 57% dans les foyers disposant d'un revenu inférieur à 1.250 € net mensuel. A l'inverse, il descend à 39% dans les foyers gagnant plus de 3.000 €. Une raison qui peut expliquer cela est que les Français disposant de revenus modestes maintiennent volontairement des températures basses afin de ne pas faire grimper leur facture énergétique. Ainsi, 60% des foyers modestes déclarent chauffer la pièce principale au-dessus de 20°C, contre 43% des foyers gagnant plus de 3.000 €.

 

Mais le revenu n'est pas la seule raison qui explique que les Français ont froid. L'ancienneté du logement joue pour beaucoup. Plus le logement est ancien et plus la sensation de froid y est grande. Ainsi, 56% des occupants de biens construits avant 1945 disent avoir souvent ou parfois froid, le taux passe à 49% dans les logements construits entre 1945 et 1979, à 44% dans ceux entre 1980 et 2007 pour atteindre 37% dans les constructions de moins de 10 ans. L'association Qualitel constate aussi que cette sensation de froid est moins présente dans les logements certifiés ou labélisés (33%) que dans ceux qui ne le sont pas (49%).

 

Une sensation de froid différente selon les régions

 

Autre facteur déterminant : le statut de l'occupant. L'étude montre que la sensation de froid est quatre fois plus importante chez les locataires que chez les propriétaires. « Un écart significatif qui s'explique par le fait que les propriétaires, outre le soin qu'ils accordent au choix de leur logement au moment de l'achat, réalisent plus facilement des investissements d'isolation pérennes », analyse Qualitel.

 

Le baromètre révèle aussi que les Parisiens ont plus froid que les autres (59% soit 12 points de plus que la moyenne nationale). Pour les auteurs du baromètre : « L'explication tient principalement dans la structure du parc de logement. À Paris intra-muros, malgré un revenu moyen supérieur à la moyenne nationale, on trouve une surconcentration de logements de plus de 10 ans, en location, et d'appartements avec des qualités de matériaux et une isolation thermique insatisfaisantes ».

 

Enfin, selon les régions, les Français ne chauffent pas de la même manière. Ainsi, c'est en Bretagne qu'il y a le moins de frileux. Ils sont en effet que 34% à chauffer à plus de 20°C leur logement. A l'inverse, plus de 64% des habitants de PACA chauffent au-delà de 20°C.
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