Le solaire thermodynamique n'en est encore qu'à ses balbutiements en France, hormis quelques démonstrateurs comme le grand four solaire d'Odeillo ou la centrale Themis. Ces technologies nécessitent en effet un fort ensoleillement direct, toute l'année durant. Même si aucun objectif n'a été fixé par la loi de Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), il est prévu qu'une centrale à concentration, de 9 MW de puissance, entre en service à la fin de 2017. A l'étranger, le coût total de production se situe entre 89 et 315 €/MWh, selon la solution adoptée (115-142 €/MWh pour des miroirs de Fresnel, 113-273 MWh pour des miroirs cylindro-paraboliques, et 164-208 €/MWh pour une centrale à tour). Il s'agit de technologies maîtrisées pouvant être déployées à très grande échelle. Elles présentent également l'intérêt de pouvoir stocker l'énergie sous forme de chaleur (ce qui est plus simple qu'un stockage électrochimique), permettant de poursuivre la production d'électricité même en dehors des périodes d'ensoleillement. Là encore, l'Ademe prévoit que les coûts baisseront de -20 à -45 % d'ici à 2025.

 

De même, l'éolien en mer n'est pas encore déployé en France. Mais il est prévu que les premiers parcs entrent en service à partir de 2020-2022, avec une puissance prévue de 3 GW. Il est estimé que le coût total de production de cette énergie est comprise entre 123 et 227 €/MWh pour l'éolien posé (avec fondations) et 165-364 €/MWh pour l'éolien flottant. L'étude explique : "Pour l'éolien posé, les prix de vente assez élevés constatés sur les premiers appels d'offres français reflètent la prise de risque importante des porteurs de projets. Les premiers ont rencontré des risques supplémentaires par rapport aux ouvrages déjà réalisés ailleurs en Europe (sur la connaissance des sols et des gisements, sur la lisibilité, visibilité et stabilité de la politique d'industrialisation de la filière en France…)". Le potentiel d'innovation restant très important dans tous les domaines, les coûts devraient fortement baisser, de l'ordre de -35 % dans les dix ans à venir.

 

Le constat est identique pour l'hydrolien qui n'existe pour l'heure qu'à l'état de démonstrateur, avec des machines en test à Paimpol-Bréhat (EDF-DCNS) et à Ouessant (Sabella). D'après les appels à projets lancés en France, le coût total de production est estimé entre 123 et… 571 €/MWh. Des données "à considérer avec prudence compte tenu du caractère amont des technologies hydroliennes marines, du faible retour d'expérience des démonstrateurs actuellement testés, et du potentiel de réduction des coûts en phase d'industrialisation", avertit l'Ademe.

 

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