Une enquête révèle que les énergies renouvelables et la récupération de chaleur alimentent de plus en plus de réseaux urbains, avec une progression de plus de 50 % dans la dernière décennie. Leur développement devrait se poursuivre et s'amplifier afin d'atteindre les objectifs fixés pour 2030.

Les réseaux de chaleur valorisent et combinent l'ensemble des ressources énergétiques disponibles localement : récupération de chaleur issue de la combustion de déchets ménagers, calories des eaux usées ou des datacenters, vapeur de procédés industriels, mais également géothermie, biomasse et biogaz… Selon la dernière enquête d'envergure menée par le Syndicat national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine (SNCU), les énergies renouvelables et de récupération représenteraient désormais 40 % des énergies utilisées par ces réseaux. Le bois-énergie s'est fortement développé, pour atteindre les 25 %, tandis que la géothermie représente un peu moins de 10 % de leur source d'approvisionnement. Sur les neuf dernières années, les renouvelables et la récupération ont progressé de plus de 50 %. Et cette tendance va s'accélérer.

Multiplier les réseaux, les étendre et les densifier

Le doublement sur 3 ans du Fonds Chaleur, géré par l'Ademe, qui finance les créations, extensions et densifications de réseaux lorsque plus de la moitié de l'énergie utilisée est d'origine renouvelable ou de récupération, aura un effet important sur cette dynamique. Il soutient également les projets utilisant de la biomasse des installations agricoles (production comprise entre 100 et 1.000 tonnes équivalent pétrole/an), de méthanisation (production supérieure à 100 tep/an) ou de géothermie (intermédiaire avec pompe à chaleur ou sur aquifère profond au moyen d'un doublet ou d'un triplet). La Fédération des Services Energie Environnement (Fedene) explique : "Faire le choix de cette solution énergétique, c'est réduire les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux autres modes de chauffage conventionnels. C'est aussi privilégier une véritable gouvernance locale de l'énergie, une économie circulaire, créatrice d'activité économique et d'emplois pérennes sur tout le territoire, et un coût de chaleur maîtrisé pour l'usager".

 

Le projet de loi sur la transition énergétique et la croissance verte a d'ailleurs fixé un objectif ambitieux : quintupler la chaleur renouvelable et de récupération d'ici à 2030. "Cela nécessitera, a minima, de tripler les bâtiments raccordés, par la densification, l'extension, l'interconnexion et la création de réseaux de chaleur et permettra d'atteindre la moyenne européenne actuelle en termes de part de marché des réseaux de chaleur", rappelle la Fedene.

 

Les réseaux de chaleur en France :
• 501 réseaux dans 350 villes ;
• 40 % d'énergies renouvelables et de récupération dans le mix énergétique ;
• 24,9 TWh d'énergie thermique livrée ;
• 18,2 GW de puissance thermique installée ;
• 1,5 GW de puissance électrique cogénérée.

 

Source : SNCU, données 2013
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