Le marché de la « chaleur verte » semble s'essouffler dans le secteur de l'habitat individuel. C'est la conclusion d'une récente étude du cabinet Xerfi, qui estime que les entreprises devront désormais s'orienter vers de nouveaux débouchés afin de faire face à une conjoncture maussade et des aides de l'Etat en déclin. Détails.

Alors qu'elles représentaient 75.5% chez les particuliers en 1990, les énergies thermiques (biomasse, géothermie et aérothermie) sont tombées à 63% l'an dernier. Selon les estimations de Xerfi, le chiffre s'élèverait à seulement 50% en 2015.

 

Le marché des nouvelles énergies ou « chaleur verte », qui pèse pour 5.8 Md€, progressera tout de même de 6% par an d'ici à 2015, précise Xerfi. Cependant, si les perspectives à moyen terme se révèlent plutôt porteuses, il demeure qu'un segment reste à la peine. En effet, l'habitat individuel voit, depuis 2009, la contraction du volume d'équipements tels pompes à chaleur, appareils de chauffage bois, notamment en raison de la baisse voire de la suppression des aides fiscales incitatives. Et cette année ne dérogera pas à la règle, soutient Xerfi, qui confie que les ventes des filières PAC et solaire thermique reculeront de 2% en volume en 2012.

 

Se désintoxiquer des aides fiscales
Pour assurer la pérennité du marché des EnR thermiques, les aides publiques ne doivent plus devenir une dépendance. Les acteurs du secteur doivent miser sur l'amélioration de la compétitivité des équipements par rapport au mode alternatif de chauffage. Malgré tout, Xerfi prédit que les ventes ne reprendront pas d'ici à la fin 2012. Une solution ? Se tourner vers d'autres débouchés, assure Xerfi.

 

Et c'est ce qu'ont déjà commencé à faire certains industriels, face à des conditions de marché difficiles dans l'habitat individuel, en mettant particulièrement l'accent sur des chaudières de plus forte puissance, par exemple. Xerfi constate ainsi que les ventes de capteurs solaires thermiques pour les bâtiments collectifs ont augmenté de plus de 10% par an entre 2009 et 2011, pour dépasser à ce jour 40% du marché du solaire thermique en volume. Ce nouveau virage peut désormais être négocié grâce au développement du cadre réglementaire (RT 2012), à un meilleur retour sur investissement et aussi grâce au Fonds chaleur (cf. encadré) mis en place par le gouvernement pour soutenir la production de chaleur à partir d'énergies renouvelables. A titre d'exemple, notons que le fabricant CIAT est revenu à son cœur de métier : après une incursion dans le secteur de la maison individuelle, il développe de nouveau des PAC destinées aux bâtiments tertiaires et industriels. De son côté, Viessmann mise désormais sur les systèmes solaires dédiés aux établissements de santé ou aux logements collectifs…
Compétitivité et innovation seront donc les clés pour aborder de nouveaux marchés.

 


Qu'est-ce que le Fonds chaleur ?
Géré par l'Ademe, le Fonds Chaleur vise le développement de la production de chaleur à partir des énergies renouvelables (biomasse, géothermie, solaire...). Il est dédié à tous les maîtres d'ouvrage (hors sphère domestique) : entreprises des secteurs agricoles, industriel et tertiaire privé, collectivités et gestionnaires d'habitat collectif. En 2011, 755 installations ont bénéficié du Fonds Chaleur, pour un montant de 252 millions d'euros.
En 2011, le 3ème appel à projet annuel pour les installations biomasse de grandes tailles (plus de 1.000 tep/an de biomasse consommée) a permis de retenir 24 projets, pour un montant total d'aides de 40 millions d'euros. Pour les autres filières et pour les installations biomasse de taille inférieure, le Fonds, piloté par les directions régionales de l'Ademe, a permis le financement de 108 réseaux de chaleur, 130 installations biomasse, 400 projets solaire thermique, 90 installations utilisant la géothermie.

actionclactionfp