Le maire de Paris a inauguré, ce mardi 19 juin, le nouvel espace piétonnier de la rive gauche situé sur les quais de Seine, entre le musée d'Orsay et le pont de l'Alma. Un aménagement qui a nécessité la fermeture de la voie express sur berge, entraînant le mécontentement d'automobilistes et l'hostilité des élus UMP.

C'est une promesse de sa seconde campagne que Bertrand Delanoë voulait tenir. Malgré l'opposition d'associations d'automobilistes et de représentants du monde économique, les aménagements des berges de la Seine, rive gauche, ont donc été inaugurés ce mardi 19 juin 2013, avec près d'un an de retard sur le planning initial. Mais l'espace de 2,3 km de long, entre le musée d'Orsay et le pont de l'Alma, a bien été piétonnisé en un peu moins de 5 mois. Les touristes et les Parisiens peuvent maintenant profiter de jardins, de zones de détente et même d'équipements sportifs, tel qu'un mini-parcours d'escalade horizontale type via ferrata ou une piste d'athlétisme de 100 mètres. L'équipement le plus impressionnant est une structure en gradins de bois et d'acier qui relie le parvis du musée d'Orsay au bas du quai, et qui offre un point de vue unique sur le fleuve. Des équipements culturels flottants et des espaces de restauration font également partie de l'ensemble. "Je voulais un lieu de vie, un lieu qui respecte un des plus beaux endroits du monde, d'ailleurs inscrit au patrimoine de l'Humanité, en le rendant à la vie, en particulier aux enfants mais pas seulement, à toutes les générations, à tous les amoureux de Paris", a déclaré le maire de la ville.

 

Opposition politique
Tous les automobilistes ne partageront peut-être pas cet enthousiasme en constatant qu'avec la fermeture des voies sur berge, le temps de trajet d'est en ouest a été rallongé de sept minutes. Environ 2.000 véhicules empruntaient chaque heure l'itinéraire avant sa fermeture, à la fin du mois de janvier 2013. Les détracteurs estiment donc que le report de ce trafic sur d'autres axes de la capitale créera davantage de bouchons et augmentera la congestion des artères de circulation. Pour cette raison, le projet de piétonisation avait été ralenti par le gouvernement de François Fillon. Les élus UMP dénonçaient une offre de transport insuffisamment améliorée pour faire face à la fermeture de la voie express, tandis qu'un projet alternatif, consistant à réserver le quai bas à la circulation automobile et aménager le quai haut en véritable promenade a été évoqué par Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la succession de Bertrand Delanoë en 2014.

 

Le coût total de la piétonisation des rives de la Seine est estimé à 35 M€, dont 7 M€ pour la rive droite, pour un budget de fonctionnement annuel de 5 M€. Pour rappel, la voie express Georges-Pompidou avait été équipée de feu tricolores et de passages piétons pour accéder à une promenade en bord de Seine, entre l'Hôtel de Ville et le port de l'Arsenal, au mois de septembre 2012.
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