Deux directives européennes concernant la réduction de la consommation énergétique des produits électroménagers et équipements domestiques doivent entrer en vigueur dans moins d'un an. Les systèmes de chauffage, de production d'eau chaude sanitaire ou de ventilation/climatisation seront impactés. Explications.

Dans 270 jours, les directives 2005/32/CE et 2010/30/UE sur l'écoconception et l'étiquetage énergétique seront appliquées aux équipements de chauffage, de ventilation/climatisation ou de production d'eau chaude sanitaire. Ces deux textes, déjà en vigueur dans l'électroménager, doivent permettre aux pays de l'Union européenne d'atteindre les objectifs du Plan 20/20/20, comprenant des réductions de 20 % de la consommation d'énergie primaire et des émissions de CO2 d'ici à la fin de la décennie. Ils imposent aux fabricants un minimum d'efficacité énergétique ainsi qu'un taux maximum d'émission de gaz à effet de serre ou de génération de bruit, ainsi qu'un affichage obligatoire de ces informations à destination des consommateurs.

Orienter le choix des consommateurs vers des produits économes

L'écoconception concerne les générateurs d'une puissance inférieure à 400 kW (*) ainsi que les chauffe-eau et ballons de stockage d'une capacité de moins de 2.000 litres. La finalité : éliminer progressivement les produits dont le rendement énergétique saisonnier est inférieur à 86 %. Dès le 1er août 2015, avant même l'application de cette directive le 26 septembre suivant, l'indice d'efficacité énergétique (EEI) des pompes de circulation sera ramené de 0,27 à 0,23. Quant aux étiquettes, elles ne concerneront que les équipements de faible puissance (inférieure à 70 kW) et seront apposées sur chaque machine et sur tout document technique ou promotionnel, afin d'apporter des "informations justes, identifiables et comparables". Les données affichées concernent la performance et la consommation énergétique ou le niveau sonore. Cette étiquetage fera l'objet d'un suivi pour d'éventuels aménagements pour en augmenter l'efficacité, par exemple en créant des catégories supplémentaires (A+, A++, A+++) lorsque la plupart des appareils d'un même type auront atteint ou dépassé les performances requises pour la catégorie A.

 

L'Union européenne précise que cet étiquetage énergétique permettra de faire des économies en orientant le choix des consommateurs vers des produits qui consomment peu. "En outre, il encourage les entreprises à investir dans des produits économes en énergie", déclare-t-elle. La fabrication ou l'importation d'appareils comprendra donc une étape de vérification de conformité à la directive. Les étiquettes doivent être fournies gratuitement aux commerçants afin qu'ils les apposent de façon visible sur le lieu de vente.

Mobilisation des industriels

Face à la complexité des textes européens, certains fabricants se mobilisent afin de développer des solutions plus performantes, répondant aux critères d'efficacité, et d'accompagner les professionnels par des formations et guides pédagogiques. De Dietrich notamment, qui produit des chaudières fioul et des chauffe-eau, travaille à l'amélioration de ses produits. "Le centre de compétence de Mertzwiller travaille sur plus de 20 nouveaux projets pour proposer des solutions à haute efficacité technologique", annonce la marque qui a investi 4 M€ dans la conception d'une nouvelle gamme de chaudières sol à condensation et basse température (17-50 kW). L'industriel a également mis en place une stratégie de sensibilisation et d'information à destination des professionnels et des particuliers en lançant un site Internet dédié et en organisant des formations classiques ou en ligne. "En 2014, 6.000 installateurs ont déjà été formés", précise De Dietrich qui prévoit également le lancement dans le courant du premier semestre 2015 d'un guide et d'un outil de calcul de l'efficacité énergétique permettant aux professionnels de réaliser eux-mêmes les étiquettes de produits combinés ou multi-énergies. De même, Cegibat (GrDF) organise une réunion-débat autour des deux directives pour évoquer les "Impacts & solutions pour la filière", qui s'adresse aux maîtres d'ouvrages, professionnels et fabricants.

 

Ecoconception : intégration des caractéristiques environnementales dans la conception d'un produit en vue d'améliorer sa performance environnementale et sa consommation énergétique tout au long de son cycle de vie. Le ministère de l'Ecologie explique : "Grâce à l'écoconception et l'étiquetage, l'efficacité énergétique des équipements consommateurs d'énergie s'est amélioré régulièrement depuis 10 ans". Car l'étiquette est présente depuis 1994 sur certains appareils d'électroménager et les ampoules (et depuis fin 2011 sur des appareils de froid). L'impact positif est cependant contrebalancé par l'évolution des usages : "La consommation d'électricité ne cesse d'augmenter, du fait notamment de la multiplication des équipements électriques, de leur dimensionnement et de leur durée d'utilisation". Elle est ainsi passée de 1.945 kWh/an par logement en 1990, à 2.760 kWh en 2010, surtout à cause des petits équipements électriques et électroniques.

 

(*) pompes à chaleur, chauffe-eau (électriques instantanés ou à accumulation, thermodynamiques, solaires), ballons de stockage, chaudières (y compris à micro-cogénération), systèmes solaires et régulations.
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