L'Ecole centrale de Nantes et le groupe VM Béton ont créé ensemble une chaire de recherche dédié à l'innovation et aux nouvelles applications du béton. Une opération qui doit générer une dynamique d'interactions entre l'industrie et les enseignants-chercheurs. Pas moins de trois doctorants plancheront sur l'amélioration du matériau autant que sur des évolutions normatives.

La volonté d'innover dans le béton, tout en n'étant ni cimentier, ni carrier, ni adjuvantiste. Tel pourrait être résumé le credo des chercheurs de la toute nouvelle chaire de l'Ecole centrale de Nantes, dédiée à ce matériau de construction, créée en partenariat avec VM Béton Services (filiale du groupe VM Matériaux). "C'est une opération qui s'inscrit dans les activités de recherche de l'école", explique Arnaud Poitou, le directeur de Centrale Nantes. "La chaire permet de passer d'une étape de projet ponctuel à un partenariat inscrit dans la durée. C'est tout un ensemble de projets assez vaste, avec une équipe mixte entre industrie et école, qui partagent des problématiques", poursuit-il. Pendant cinq ans, enseignants et doctorants se pencheront donc sur différentes thématiques liées au béton.

 

Ahmed Loukili, le titulaire de la chaire, développe : "Transmettre un savoir scientifique et accompagner les entreprises dans leur innovation sont les deux rôles que j'identifie. Car un pays sans innovation est condamné". Le professeur insiste sur la qualité des étudiants et des équipements scientifiques de son laboratoire. "La chaire, qui bénéficiera d'un financement de 2,9 M€ sur cinq ans pourra attirer de bons doctorants qui travailleront sur des questions difficiles", assure-t-il. Ils plancheront notamment à proposer une approche globale de la conception des bétons pour optimiser leur fonctionnement au cœur d'une structure de génie civil, grâce à des travaux sur la formulation. Ils se pencheront également sur la réduction de la conductivité thermique du béton par une modification des procédés, afin de proposer un matériau capable d'éliminer les ponts thermiques et de produire des structures à conductivité plus faible que des solutions classiques avec isolant. Enfin, les chercheurs viseront à réduire l'empreinte environnementale du béton grâce à une réduction de la proportion de ciment. L'idée sera, cette fois, de valoriser certains sous-produits comme le laitier de haut fourneau, les cendres volantes ou le métakaolin.

Produits innovants et évolution réglementaire

Le but est double : pour VM Béton - qui n'est pas un carrier, ni un cimentier, ni un adjuvantier - les travaux de laboratoire permettront de proposer des produits béton innovants, afin de répondre aux besoins et aux attentes de ses clients. "Les résultats de la recherche académique déployée seront appliqués à court terme sur le terrain par l'industriel que nous sommes, ce qui fait toute la force de cette collaboration", souligne Daniel Robin, Directeur VM Béton Services. D'autre part, les études menées à Centrale Nantes pourront induire une évolution normative dans les années qui viennent, notamment en définissant des seuils d'utilisation de certaines ressources dans les formulations. "Elles sont aujourd'hui basées sur la prescription, comme souvent en France. Nous sommes dans une approche différente, performantielle, où il n'y a pas de dosage minimum en ciment", précise Ahmed Loukili. Le chercheur cite en exemple le développement de bétons autoplaçants à faible impact environnemental contenant le moins de ciment possible et présentant une sensibilité à la fissuration identique à du béton classique. "Il a été possible de caractériser cette sensibilité avant la mise en œuvre grâce à des essais en laboratoire et à des outils informatiques", explique-t-il. Une formulation "à la carte" développée selon les objectifs fixés par le client.

 

Arnaud Poitou conclut : "C'est la première chaire mise en place avec une entreprise de taille intermédiaire. D'habitude ce sont davantage des grands groupes du CAC40 qui le font". Pour le directeur de l'Ecole Centrale de Nantes, cette caractéristique autorisera une plus grande capacité de réaction et une proximité accrue entre les deux partenaires.

 

L'activité béton chez VM Matériaux :
85 M€ de chiffre d'affaires
25 centrales à béton
5 usines de préfabrication
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