FICHE PRATIQUE. Le label E+C-, lancé en novembre 2016, préfigure la prochaine réglementation thermique. Quels sont ses objectifs ? Comment fonctionne-t-il ? Quels projets ont déjà été labellisés ? Tour d'horizon.

Le label E+C- (comme "énergie plus, carbone moins"), appelé également label énergie carbone, préfigure la future réglementation thermique. L'un de ses principaux apports est d'intégrer à l'évaluation des bâtiments leur empreinte carbone.

 

La création du label a été annoncée le 1er juillet 2016, et son lancement a été officialisé le 17 novembre suivant. La liste des sept premiers bâtiments à décrocher cette distinction a été révélée le 15 mars 2017.

 

Quels sont les objectifs de ce label ?

 

Sa raison d'être est d'expérimenter la future réglementation thermique, qui devrait voir le jour en 2020. Les retours d'expérience dans le cadre d'E+C- permettront d'affiner les contours de cette RT, en terme de faisabilités technique et économique. A plus long terme, le but est de parvenir à généraliser les bâtiments à énergie positive (Bépos), ayant une empreinte carbone la plus réduite possible sur l'ensemble de leur cycle de vie, de la conception jusqu'à la démolition.

 

N'importe quel maître d'ouvrage volontaire peut participer à cette expérimentation.

 

Qui pilote la démarche ?

 

Les pouvoirs publics et le Conseil supérieur de la construction et de l'efficacité énergétique (CSCEE) pilotent l'expérimentation.

 

Quel sont les exigences en matière de performance énergétique ?

 

Pour la partie énergie, quatre niveaux de performances ont été définis, s'appuyant sur un "Bilan Bépos". E+C- tient compte de tous les usages du bâtiment (dont les "autres usages" - parties communes, ascenseurs, parkings...). Pour rappel, la RT2012 s'appuyait 'seulement' sur cinq usages, à savoir chauffage, production d'eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage, auxiliaires (ventilateurs, pompes).

 

Les détails les plus techniques sont disponibles sur le site du ministère du Logement.

 

Les deux premiers seuils, "Energie 1" et "Energie 2", impliquent une amélioration de la performance énergétique à coût maîtrisé, par des mesures d'efficacité énergétique ou liées à la chaleur renouvelable.

 

L'atteinte du niveau "Energie 3" nécessitera un effort en termes d'efficacité énergétique du bâti et des systèmes et un recours important aux énergies renouvelables. D'après certaines sources, la future réglementation devrait se situer aux alentours de ce seuil-là.

 

Enfin, le niveau "Energie 4" correspond à un bâtiment à énergie positive (Bépos), c'est-à-dire dont le bilan énergétique est nul et qui contribue à la production d'énergie renouvelable à l'échelle du quartier.

 


Quelles sont les exigences en matière d'émission carbone ?

 

Le label tient compte de l'empreinte carbone du bâtiment tout au long de son cycle de vie, en prenant comme base une durée de vie moyenne de 50 ans. Les niveaux "Carbone 1" et "Carbone 2" sont constitué de deux seuils chacun : les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie du bâtiment (Eges) et un sous-seuil constitué des émissions relatives aux produits de construction et équipements (Eges PCE).

 

"L'atteinte des niveaux 'Carbone 1' et 'Carbone 2' est déterminée par la comparaison de ces deux types d'émissions avec des niveaux d'émissions de gaz à effet de serre maximal définis", indique le ministère du Logement.

 

Quel est le surcoût par rapport à la RT 2012 ?

 

Il a été évalué, en 2017, aux environs de 8-11%.

 


Quels sont les premiers bâtiments labellisés ?

 

Sept premiers labels ont été remis le 15 mars 2017.

 

- 93 logements collectifs dans la Zac Centre ville à Grigny (91), niveau E3-C1 ;
Système constructif en béton, raccordement au chauffage urbain alimenté par de la géothermie et installation de panneaux photovoltaïques
Maîtrise d'ouvrage : Immobilière 3 F
Architectes et BET : Odile Seyler et Jacques Lucan

 


- Bâtiment de bureaux le Thémis à Paris 17ème, niveau E2-C2 ;
Système constructif mixte en bois béton, raccordement au chauffage urbain alimenté par de la géothermie
Maîtrise d'ouvrage : Icade
Maîtrise d'œuvre : Corinne Vezzoni & Associés

 

- Résidence Alizari à Malaunay (76), niveau E3-C2 ;
Système constructif en béton, chaufferie bois et installation de panneaux photovoltaïques
Maîtrise d'ouvrage : Habitat 76
Maîtrise d'œuvre : Bouygues Bâtiment

 

- Ecolocost, maison individuelle à Ermont, niveau E3-C1 ;
Système constructif en ossature bois, chauffage par pompe à chaleur air / air et installation de panneaux photovoltaïques (découvrez ici le reportage sur Ecolocost)
Maîtrise d'ouvrage : Ecolocost
=> Voir notre reportage sur la maison Ecolocost.

 

- Quatre maisons individuelles à Neuville-Saint-Waast (62), E2-C1 et E3-C1 ;
Système constructif en briques isolantes
Pour le chauffage :
- 1 maison en effet joule direct,
- 2 maisons avec PAC double service,
- 1 maison avec insert à pellets et complément effet joule
Installation de panneaux photovoltaïque pour 2 des 4 maisons ;
Maîtrise d'ouvrage : Fédération Française des Constructeurs de Maisons Individuelles
Maîtrise d'œuvre : Mikit

 

- Maison témoin de la Noue à la Roche-sur-Yon (85), niveau E3-C1 ;
Système constructif en parpaings, chauffage par ventilation double flux et installation de panneaux photovoltaïques
Maîtrise d'ouvrage : Groupe Privat

 

- Projet Hélios à Angers (49) de 36 logements collectifs, E3-C1 ;
Système constructif en ossature bois, chaufferie gaz et installation de panneaux photovoltaïques
Maîtrise d'ouvrage : Angers Loire Habitat
Maîtrise d'œuvre : GOA
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