Le projet de centrale géothermique produisant de l'électricité implantée à La Dominique et partageant sa production avec les îles françaises voisines, Martinique et Guadeloupe, pourrait être relancé par un consortium mené par GDF Suez. EDF avait abandonné l'idée en 2013 ne la jugeant pas assez rentable.

La coopération énergétique dans les Caraïbes refait surface. Le projet de centrale géothermique implantée à la Dominique et approvisionnant la Martinique et la Guadeloupe, abandonné par EDF en 2013, pourrait être relancé par un consortium français formé de CDC Infrastructure, GDF Suez et NGE Groupe. C'est le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, qui l'a annoncé le mercredi 19 mars dernier, saluant au passage "l'engagement de ce consortium d'entreprises qui permet d'envisager des avancées déterminantes pour ce projet emblématique de coopération régionale dans les Caraïbes qui s'inscrit pleinement dans les objectifs de transition énergétique du gouvernement".

 

Le projet sera développé en deux phases : la première visera à approvisionner le marché domestique de la Dominique, île indépendante abritant 72.000 habitants, tandis que la seconde phase sera consacrée à l'exportation d'électricité vers la Martinique et la Guadeloupe via des câbles sous-marins. La centrale, d'une puissance de 100 à 120 MW serait construite dans la vallée de Roseau vers la zone de Wotten Waven, au sud de l'île, dont le fort potentiel géothermique est déjà connu. Selon le ministère, elle contribuera "à réduire les coûts de production d'électricité et les émissions de gaz à effet de serre, tant à la Dominique que dans les Antilles françaises". GDF Suez a confirmé à l'AFP avoir déposé le projet, tout en précisant : "Nous sommes au début d'un processus qui prendra plusieurs années pour concrétiser les deux phases".

 

Une idée lancée voilà plus de 10 ans
Petites Antilles
Petites Antilles © Wikimedia
Pourtant, l'idée de coopération énergétique dans la région n'est pas neuve. Depuis 2003, le gouvernement de la Dominique et les régions Guadeloupe et Martinique envisageaient de conduire ensemble un projet de développement des ressources géothermales. Une étude préliminaire de cadrage technique et économique de l'interconnexion entre les différentes îles avait été financée par l'Agence Française de Développement et l'Ademe en 2005. La solution avait alors été validée par EDF, compte tenu du coût de production d'électricité très élevé dans les DOM. En avril 2008, une convention transnationale était signée portant sur l'exploration du site de Wotten Waven, avec le concours du Bureau de Recherches Géologiques et Minières, afin d'améliorer les connaissances géologiques locales et de préparer un programme de forages, opération qui s'est terminée en juin 2009 (coût de 1,15 M€). L'accès des vallées étroites aux pentes abruptes et la fragilité écologique du site présenteraient des difficultés pour la construction de la centrale qui représenterait un investissement de plusieurs centaines de millions d'euros. Un coût prohibitif pour EDF qui a jeté l'éponge en 2013, au grand dam des collectivités territoriales.

 

Le nouveau consortium déclare espérer que son offre sera bien reçue, puisqu'elle "répond à un besoin dans une zone importante avec notamment, en plus de la Dominique, des perspectives intéressantes pour les Antilles françaises". Sur les 100 à 120 MW produits dans l'île située à mi-chemin de la Martinique et de la Guadeloupe, environ 20 MW seront consommés localement et 40 à 50 MW exportés vers chacune des autres îles. Cette électricité d'origine géothermique permettra d'éviter l'émission dans l'atmosphère de 80.000 tonnes de CO2 par an.

 

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