D'après une étude du cabinet JLL, dévoilée le 13 juin 2017, l'organisation des Jeux Olympiques à Paris engendrerait inévitablement "un coup d'accélérateur pour le Grand Paris". Le quartier Pleyel, à Saint-Denis, (Seine-Saint-Denis) en serait surtout le principal bénéficiaire. Précisions.

Dans la dernière ligne droite pour le comité de candidature de Paris 2024 qui souhaite accueillir les JO du 2 au 18 août 2024, une étude dévoilée le 13 juin 2017 par le cabinet JLL (anciennement Jones Lang LaSalle) montre qu'il s'agirait "d'un coup d'accélérateur pour le Grand Paris."

 

D'après les auteurs de l'étude, l'échéance des JO devrait faire en sorte "que le calendrier des livraisons de nouvelles lignes prévues à horizon 2024 soit respecté."

 

Le quartier Pleyel va bénéficier de l'effet cumulatif des Jeux Olympiques et du renouveau urbain

 

Pour Virginie Houzé, directrice du département études et recherche de JLL, "Londres et Barcelone ont fondé leur candidature sur des projets ambitieux de renouveau urbain."Celle de Paris, est d'après-elle "liée au projet du Grand Paris, à son métro automatique, le Grand Paris Express et aux grands projets urbains du nord de la capitale, qui s'insèrent dans un territoire qui a déjà entrepris sa mutation et qui regroupe de nombreux projets indépendants de l'organisation des Jeux". "Il s'agit notamment du cas du quartier Pleyel qui va bénéficier de l'effet cumulatif des Jeux Olympiques et du renouveau urbain", souligne-t-elle.

 

Avant d'ajouter que "le village olympique en bord de Seine viendra à terme créer un nouveau quartier de logements de qualité qui bénéficiera de l'une des principales gares du métro du Grand Paris, Saint-Denis-Pleyel, qui regroupera 4 nouvelles lignes, et de l'installation du franchissement Pleyel qui permettra de relier Pleyel au Stade de France." C'est un secteur où des opérations de renouvellement urbain sont déjà, pour certaines, annoncées et pour d'autres en cours, comme celle liée à la consultation "Réinventer la Métropole", proposée par la Métropole du Grand Paris. "Sur un périmètre plus large, les Jeux Olympiques mettent en lumière un territoire qui foisonne d'opérations de toutes sortes qui vont profondément modifier ce secteur dans les dix prochaines années", estime l'étude.

 

Le parc de bureaux pourrait doubler signale l'étude passant de 250.000 m² en 2017 à 500.000 m² en 2024. "Le Village olympique comprendra plus de 3.000 logements, dont 900 pour les étudiants, et logements spécifiques, deux hôtels, 100.000 m² d'activités économiques et 17.000 m² de services et autres activités", ajoute JLL.

 

A noter aussi que dans les programmes en cours de lancement à Pleyel, les appartements familiaux sont évalués à près de 4.400 euros du m² contre 5.200 et 5.400 euros le m² dans le quartier des Docks de Saint-Ouen. En cas de victoire pour Paris 2024, JLL estime que cet écart de valeur entre ces deux secteurs engendrera une demande plus forte vers Pleyel et logiquement une hausse des prix.

 

De plus, "le centre aquatique sera construit à côté du Stade de France, d'une capacité d'accueil de 2.500 places, dans le but d'accueillir les compétitions mondiales, répondant notamment aux besoins de la Fédération française de natation."

 

Rappelons aussi que la candidature de Paris s'articule autour de deux pôles majeurs proches, Paris et Saint-Denis, ajoute l'étude. "Elle met en avant une infrastructure existante à 95 % et le déploiement de sites temporaires dans des lieux emblématiques ; elle vient très fortement s'appuyer sur le projet du Grand Paris et valorisera les territoires du nord de Paris notamment à Saint-Denis", développe l'auteur de l'étude.

 

"La taille des infrastructures, par exemple, doit être en adéquation avec les besoins qu'il y aura ensuite." JLL

 

Pour un budget initial de 6,2 milliards d'euros, l'organisation des JO devrait générer 8,1 milliards d'euros de retombées économiques, complète l'étude d'après le scénario du centre de Droit et d'Economie du Sport (CDES) et créer au total 190.000 emplois.

 

Enfin, JLL conclut qu'"il faut une certaine cohérence derrière ces développements urbains. Depuis une quinzaine d'années, nous assistons à une escalade de l'importance donnée aux Jeux Olympiques et donc aux montants investis pour cet évènement. Or, la taille des infrastructures, par exemple, doit être en adéquation avec les besoins qu'il y aura ensuite."

 

"Notre dossier est fait pour 2024, a déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo, le 15 juin 2017 lors d'une conférence de presse à l'Hôtel de Ville. 2028, c'est un autre projet." Entre-temps, la mairie de Paris et paris 2024 se préparent pour la session extraordinaire du Comité international olympique (CIO), les 11 et 12 juillet 2017 à Lausanne. Le vote final aura lieu le 13 septembre à Lima (Pérou).
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