INNOVATION. Le président de Gecina, Bernard Michel, a exprimé lors d'une conférence au Simi ses espoirs, mais aussi ses doutes, au sujet de l'intelligence artificielle (IA).

"L'intelligence artificielle (IA) est déjà une réalité dans l'immobilier." C'est Bernard Michel, président de Gecina, qui l'a affirmé lors d'une table ronde sur le sujet, le 6 décembre 2017 au Salon de l'immobilier d'entreprise (Simi). Il s'agissait de savoir de quelle manière cette révolution technologique allait modifier le paysage dans le secteur.

 

"Pour l'instant, nous en sommes au niveau de l'immeuble intelligent", a-t-il rappelé. "Il est bardé de capteurs qui récupèrent des données, qui sont analysées et le seront de plus en plus. Mais ce qu'il se passera ensuite, c'est que les bâtiments seront capables d'une analyse intelligente, autonome, pourront réaliser un auto-diagnostic et lancer des actions correctrices en cas de déficience. En modifiant soit le comportement de l'usager, soit celui du gérant du bâtiment."

 

L'IA permettra d'optimiser l'utilisation de l'espace urbain

 

La même logique s'appliquera ensuite à l'échelle du quartier et de la ville. "Ce qui se passera, c'est que l'IA apprendra progressivement de l'analyse des comportements des usagers et des bâtiments. Elle reliera ces données à d'autres, comme le trafic, la météo. Les algorithmes nous aideront à optimiser l'utilisation de l'espace urbain ou d'un immeuble pour mieux utiliser les espaces." Pour Bernard Michel, cette évolution pourrait aller dans le même sens que la montée en puissance des modes de vie collaboratifs et des nouvelles manières de travailler.

 

Deux risques existent, pour autant, du fait du développement de l'IA. Le premier est celui lié à la collecte des données et du danger que cela représente pour la vie privée. Le second est celui de l'emploi. D'après une étude référence, 47% des emplois existants aujourd'hui seront supprimés dans les vingt ans du fait de l'IA. "La promesse de l'IA, c'est de permettre aux humains de se concentrer sur des meilleures taches, à forte valeur ajoutée. Et il ne faudrait pas que l'utopie se transforme en cauchemar", avertit Bernard Michel. Car plane le risque de voir non seulement des métiers peu qualifiés, mais aussi des professions intermédiaires, disparaître. "La seule réponse possible se trouve dans le système éducatif et la formation : et il est urgent de s'adapter", assure Bernard Michel. "L'automatisation des taches et l'autonomisation des machines va permettre de tout modéliser. Le progrès potentiel est infini. Et ces savoirs informatisés vont transformer notre société. Mais cela doit se faire en mettant l'éthique au centre de la question numérique", a conclu Bernard Michel.

 

"Notre concurrent, c'est Google", Mathias Vicherat (SNCF)
Mathias Vicherat, directeur général adjoint en charge du projet d'entreprise, de la communication et de l'image de la SNCF, participait également à la conférence du Simi sur l'intelligence artificielle. Et a rappelé que sa société était bien consciente des bouleversements à venir. "L'IA est à la base du basculement du site voyages-sncf.com à Oui.sncf", a-t-il ainsi affirmé. "Nous avons l'ambition de devenir un assistant de mobilité. C'est un enjeu très fort. Douze personnes spécialisées planchent sur ce sujet à temps plein. Et nous avons coutume de dire que notre premier concurrent, c'est Google, qui veut devenir cet assistant de mobilité avant que nous n'y parvenions." L'IA est aussi utilisée, au sein de la SNCF, dans le cadre de deux autres missions : l'aspect prédictif (enneigement, quantité de feuilles mortes sur les voies), et l'autonomisation des véhicules. "Les TGV passeront à la conduite autonome à compter de 2021", a assuré Mathias Vicherat.
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