Les loyers ne baissent plus dans la plupart des grandes villes françaises. Sur l'ensemble du territoire, les loyers ont connu une légère hausse de 0,6% entre janvier et mai 2016. Une tendance qui redonne le sourire aux professionnels de l'immobilier.

Le marché de la location se porte bien - en tout cas, bien mieux que lors des dernières années. C'est le constat de l'observatoire Clameur pour les cinq premiers mois de l'année 2016, basé sur les chiffres des grandes agences immobilières. La situation se renverse sur les premiers mois de l'année : le nombre de baux signés a augmenté de 9,2% par rapport à la même période en 2015.

 

"Ouf" de soulagement, donc, pour les professionnels, qui maugréaient jusque là contre une certaine latence du marché locatif. Le taux de mobilité résidentielle (c'est-à-dire, la part des logements privés remis sur le marché locatif) s'élève à 30,8%, un niveau "comparable à celui qui se constatait dans la première moitié des années 2000", avant la crise, souligne Clameur.

 

Les Français déménagent plus, en partie parce qu'ils concrétisent leurs projets d'achat, "s'appuyant sur le renforcement des aides publiques à l'accession dans le neuf", analyse Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris Ouest. Ils profitent également des taux de crédit historiquement bas.

 

Les loyers en légère hausse, en particulier ceux des grandes surfaces

 

En conséquence, les loyers sont à nouveau sur une pente ascendante. Ils avaient baissé de 1,1% sur les douze mois de 2015, et de 0,8% sur les deux premiers mois de 2016, mais ils augmentent finalement de 0,6% sur les cinq premiers mois de l'année. Une hausse toutefois légère, qui suffit pourtant à redonner le sourire aux professionnels.

 

Et les biens les plus prisés sont... les grandes surfaces. Les cinq-pièces voient leurs loyers augmenter de 1,5%. Suivent les deux-pièces (+1%) et, en queue de peloton, les studios et une-pièce (+0,1%).

 

Les propriétaires boudent toujours les travaux d'amélioration

 

Une note positive pour les locataires : l'effort d'amélioration et d'entretien des logements est à la hausse. 16,3% des logements ont subi des travaux avant d'être remis en location, contre 12,9% en 2015... et tout de même 30% en 2013.

 

Les propriétaires bailleurs ne prendraient-ils plus soin de leurs biens ? Dans certaines régions, toujours très tendues, ils n'en ont pas besoin, les logements même les moins bien entretenus trouvant toujours locataires...

 

Nette hausse des loyers en Champagne-Ardenne

 

Sans surprise, on note toujours de grandes disparités en fonction des régions. Si la Champagne-Ardenne (+2,2% depuis le début de l'année), le Poitou-Charentes (+1,8%) et la Basse-Normandie connaissent une hausse nette des loyers, cinq des anciennes régions administratives voient le niveau des loyers baisser, parfois de manière notable : la Franche-Comté (-2,4%), le Centre (-0,8%), l'Auvergne (-0,2%), les Midi-Pyrénées (-0,2%) et la Bourgogne (-0,1%). Avec, toujours, des loyers moyens deux fois plus élevés en Île-de-France (19,2 €/m2, +0,5%) que dans le Limousin (8,7 €/m2, +1%)...

 

Dans la majorité des grandes villes, enfin, les loyers connaissent une hausse, parfois assez marquante - d'autant que l'inflation a été quasi nulle dans le même temps. En page suivante, découvrez le classement des villes où les loyers ont le plus augmenté sur les cinq premiers mois de l'année 2016.
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