A Ouessant, Sein et Molène la transition écologique n'est pas un vain mot : ces territoires insulaires ont lancé, en 2016, un programme visant à les alimenter à 100 % en énergies vertes d'ici à 2030. Un an après, les premiers résultats sont déjà là.

En mai 2016, Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, annonçait un financement d'un million d'euros pour favoriser la transition énergétique dans des territoires français particuliers : les îles du Morbihan et du Finistère. Quelques mois plus tard, trois d'entre elles - Ouessant, Molène et Sein - donnaient le coup d'envoi d'un ambitieux programme visant à les rendre 100 % EnR dans les quinze ans. Un an après le démarrage de cette initiative, elles font le point.

 

Consommer moins et produire du renouvelable

 

Denis Bredin, le directeur de l'association des îles du Ponant, déclare à l'AFP : "On est très satisfaits de tout ce qui a été accompli jusqu'ici". Car ce sont déjà 1.100 MWh qui ont été économisés sur les trois îles, soit l'équivalent de la consommation d'une centaine de foyers. Les habitants ont notamment bénéficié de la distribution d'ampoules LEDs, d'aides pour réaliser des travaux d'isolation du bâti et pour remplacer leur électroménager. Cette baisse des consommations a entraîné une diminution de 16 % des émissions de CO2, puisque les territoires insulaires, non reliés au réseau électrique national, dépendent principalement de groupes électrogènes fonctionnant au fioul. Une source d'énergie fossile qui pollue lourdement, avec 800 grammes de CO2/kWh contre dix fois moins à l'électricité "continentale" produite par des centrales nucléaires et des barrages…

 

Des unités de production d'énergies renouvelables ont donc été installées, notamment du photovoltaïque à Ouessant et Sein, et ont produit 150 MWh en un an. D'autres devraient être déployées dans le futur, ainsi que des éoliennes. Et l'hydrolienne Sabella D10, qui avait brièvement fourni du courant électrique à l'île d'Ouessant (70 MWh entre septembre 2015 et juillet 2016), devrait être remise à l'eau cet hiver. Il est même espéré qu'elle fournisse 400 MWh en 2018. Denis Bredin rappelle : "Les îles se doivent d'être à la pointe de la transition énergétique. Elles ne peuvent pas rester passives face à la montée du niveau de la mer ou au changement climatique". Soumises à l'érosion et aux phénomènes météorologiques extrêmes, ces petites communautés sont donc obligées de réagir. En 2015, Greenpeace avait dénoncé la mainmise d'EDF sur la fourniture d'électricité dans les îles françaises de moins de 2.000 âmes, qui portait "un coup important au combat des habitants de l'île de Sein" en bloquant "toute évolution du mix électrique dans les zones non connectées" à un moment où il ne reposait que sur du pétrole. La situation a donc bien changé.
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