CONCERTATION. Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé qu'une concertation serait tenue pour définir un nouveau calendrier au Grand Paris Express. José Ramos, président de la Fédération régionale des travaux publics d'Île-de-France, explique pour Batiactu les difficultés que cela pourrait entraîner pour les PME du secteur.

Le 23 janvier 2018, le premier ministre Edouard Philippe s'est déplacé sur le chantier de la ligne 15 sud du Grand Paris Express, à Champigny-sur-Marne. L'occasion pour le décideur d'annoncer la tenue d'une concertation avec les élus concernés pour définir un nouveau calendrier pour le projet, visant à faire respecter les réalités technique et budgétaire. Une décision qui n'est pas vraiment une surprise, les rumeurs de retards étant persistantes depuis plusieurs semaines. Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics affirmait même en novembre dernier que sa conviction était qu'il y aurait un report de un, deux, voire trois ans.

 

Edouard Philippe a toutefois souhaité rassurer en affirmant qu'il était "hors de question de ne pas faire ce projet" malgré les coûts et surcoûts "considérables" pointés par la Cour des Comptes. "J'ai commencé une série d'échanges avec les élus qui sont tous très légitimement très attachés à ce dossier, mais notre objectif c'est de poser des bases solides sur (...) la façon dont ce projet va être mené à son terme", a-t-il déclaré au terme de la visite. Il n'a pas été précisé la durée de cette concertation.


"Une dynamique a été stoppée"
, J. Ramos (FRTP-IDF)

 

Quoi qu'il en soit, pour José Ramos, président de la Fédération régionale des travaux publics d'Île-de-France (FRTP-IDF) contacté par Batiactu, on peut déjà tirer quelques enseignements de cette annonce. "Nous attendons avec impatience le vrai calendrier. Et nos entreprises s'adapteront aux besoins de nos maîtres d'ouvrages, quels qu'ils soient. Mais force est de constater qu'une dynamique a été stoppée", observe-t-il. Pour lui, si le calendrier est modifié, cela touchera à la fois l'emploi et le travail des PME. "Si le planning est trop détendu, y aura-t-il les 20% de marchés prévus pour les PME ?", se demande-t-il. "Les grands groupes ne font appel à des sous-traitants que s'ils ont besoin de ressources extérieures." Par ailleurs, en cas de report, "la fédération sera amenée à se repositionner pour recaler le planning des besoins en emploi/formation".

 

"Nous étions était sûr d'avoir de l'activité sur 2018-2022, nous étions tous prêts à embaucher, aujourd'hui la donne risque de changer", ajoute José Ramos. "Je comprends très bien que le Gouvernement souhaite faire des économies. Mais j'espère que cela sera au bénéfice de tous. Il faudra attendre les arbitrages définitifs du Gouvernement pour être plus précis sur les conséquences qu'un décalage du GPE dans le temps aurait." Le président de la FRTP rappelle également qu'un retard aurait des conséquences en matière de construction de logements en Île-de-France, ce marché étant naturellement lié à celui des infrastructures de transport.
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