CULTURE. Le Grand Palais, vieillissant, va être entièrement réhabilité afin d'être capable d'accueillir tous les publics, y compris ceux des JO en 2024. Le chantier, qui durera 3 ans, restaurera la lumière et les perspectives originelles de l'ensemble constitué entre la nef et le Palais de la Découverte. Un projet culturel d'envergure nationale qui mobilisera l'Etat, les exploitants et un célèbre mécène.

La rénovation de l'immense verrière n'était qu'un avant-goût. Tout comme la restauration récente de la rotonde du palais d'Antin (rebaptisé Palais de la Découverte en 1937) n'est qu'un échantillon. L'ensemble du Grand Palais doit en effet être réaménagé entre 2020 et 2024 pour pouvoir accueillir plus de publics différents. Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a fait le déplacement, ce lundi 12 février 2018, afin de présenter le programme dans le détail. Elle explique : "C'est un projet d'exception, à la hauteur du lieu, de son histoire, de son ambition. Il devra incarner la France du 21e siècle". La ministre ajoute que le choix de l'agence LAN "dit quelque chose de notre rapport à l'Histoire, au patrimoine, mais également de notre rapport au monde et à l'Art".

 

Françoise Nyssen
Françoise Nyssen © Grégoire Noble

 

La gestation a été longue, entreprise dès la fin de la restauration de la nef, en 2015. Mais de l'aveu de François Châtillon, architecte en chef des Monuments historiques, la crise est passée par là, freinant la volonté de déblocage des fonds nécessaires à cette entreprise. Car les montants sont énormes : 466 M€ seront nécessaires pour l'ensemble dont 255 M€ pour l'aménagement et 137 M€ pour la restauration au titre des monuments historiques. La nouvelle muséographie du Palais de la découverte (44 M€) et le coût de l'emprunt assorti du déficit d'exploitation pendant la fermeture (30 M€) complètent cette lourde addition. Du côté des financements, l'Etat apportera un financement exceptionnel de 268 M€ dont 160 M€ au titre du Grand Plan d'investissement et 128 M€ de subventions du ministère de la Culture. Rappelant son souhait d'équilibrer géographiquement les dépenses de son ministère entre Paris et les régions, Françoise Nyssen a rappelé : "Des montants plus importants sont concentrés sur Paris, mais depuis 2018, j'ai fait augmenter de +5 % les crédits d'investissements en région. Un rééquilibrage en faveur des territoires, y compris les petites communes, pour les aider à rénover leur patrimoine. Un rôle que l'Etat doit assurer en parallèle des grands projets". Outre l'emprunt de 130 M€ de RMN-Grand Palais, d'une durée de 30 ans, l'opération sera bouclée par un autre apport d'envergure : entre 25 et 30 M€ provenant de la maison Chanel.

 

L'Etat et Chanel au secours du projet

 

Un geste généreux de la marque de luxe française qui explique, par la voix de Bruno Pavlosky, son président des activités Mode : "Chanel et le Grand Palais ont créé ensemble un lien fort, initié par Karl Lagerfeld en 2005. Le Grand Palais, avec sa nef exceptionnelle qui abrite nos défilés, est pour Chanel beaucoup plus qu'un simple monument au cœur de Paris. Sa remarquable architecture en fait un véritable lieu d'inspiration et de création pour Karl Lagerfeld. Nous sommes fiers et heureux de l'accompagner (…) dans le projet ambitieux de restauration et d'aménagement de cette institution parisienne à vocation universelle". En contrepartie de certains avantages pour la tenue de ses événements, Chanel sera surtout récompensé par le baptême de la grande entrée de l'avenue Winston Churchill en "Entrée Gabrielle Chanel".

Découvrez les spécificités du projet en page 2

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