EDF a finalement reçu l'approbation du gouvernement britannique pour la construction à Hinkley Point de deux réacteurs EPR. Pour Jean-Bernard Lévy, le pdg du groupe français, cette décision "marque la relance du nucléaire en Europe" et "la confiance portée à la technologie".

L'énergéticien français vivait dans l'attente d'une décision britannique depuis le Brexit et la nomination d'un nouveau gouvernement. Et si Theresa May doit faire sortir son pays de l'Union européenne, elle n'a pas choisi de le faire sortir de l'atome : le gouvernement anglais a confirmé à EDF son accord pour la construction de deux réacteurs de nouvelle génération sur le site d'Hinkley Point, dans le Somerset (sud-ouest du pays).

 

Immédiatement, Jean-Bernard Lévy a déclaré : "La décision du gouvernement britannique d'approuver la construction de la centrale nucléaire d'Hinkley Point C marque la relance du nucléaire en Europe". Pour lui, elle démontre également "la confiance portée à la technologie EPR et au savoir-faire mondialement reconnu de la filière nucléaire française", en dépit des déboires rencontrés sur les chantiers français et finlandais. EDF avait fait de ce projet un élément essentiel de sa stratégie CAP 2030, qui vise à consolider sa position en Grande-Bretagne où le groupe exploite déjà 15 réacteurs, et se trouve en position de premier producteur d'électricité en volume. Le projet, d'un montant pharaonique de plus de 21 Mrds €, dont un tiers sera apporté par son partenaire, l'électricien chinois CGN, reste une aventure risquée pour EDF. Au point que deux responsables, Thomas Piquemal (directeur financier) et Gérard Magnin (administrateur nommé par l'Etat actionnaire), donnent leur démission en signe de protestation. Certains syndicats de l'électricien national s'inquiètent également de possibles conséquences négatives du projet Hinkley Point C sur leur entreprise.

 

Bénéfices pour les grands et les petits ?

 

Mais le p-dg d'EDF insiste pour sa part sur le bénéfice apporté à l'ensemble des filières nucléaires française et britannique. Il est attendu que 25.000 emplois soient créés sur le site pendant la construction et que de nombreuses entreprises locales et nationales, en profitent. En France, ce sont Areva, GE-Alstom et Bouygues Travaux Publics (via la co-entreprise Bylor) qui devraient en tirer profit, "ainsi que plusieurs centaines d'ETI et de PME", assure EDF. Vincent de Rivaz, directeur général d'EDF Energy (filiale anglaise d'EDF) et membre du comité exécutif du groupe, déclare : "L'annonce de ce jour est une excellente nouvelle pour les consommateurs britanniques, et donne une énorme impulsion à l'industrie du pays. Elle constitue une avancée majeure dans la lutte contre le changement climatique (…) Nous assumerons le risque et la responsabilité de réaliser Hinkley Point C, et nous fournirons à la Grande-Bretagne l'électricité sûre et bas carbone dont elle a besoin". Il espère même que l'expérience acquise sur le chantier anglais permettra aux prochains projets d'être encore plus compétitifs, signe que la transition énergétique passera par l'atome chez EDF.
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