Si la gare maritime de Cherbourg abrite aujourd'hui un musée de la mer en plus du port destiné au commerce et au tourisme, l'ensemble accueillait jadis plus de 300.000 passagers par an venus relier la ville normande aux Etats-Unis. Retour en images sur l'histoire de cet édifice.

Les travaux de la gare maritime de Cherbourg démarrent en 1928 d'après les plans de l'architecte René Levasseur. Les matériaux utilisés sont le béton armé, les briques claires et les pierres de béton imitation granit. Le chantier se terminera cinq ans plus tard. L'édifice art-déco de 240 mètres de long comprend un hall transatlantique. C'est par ce bâtiment que les passagers accédaient aux paquebots grâce à neuf passerelles mobiles. La connexion avec Paris était assurée par les voies de chemin de fer dont le hall de train était également dans ce bâtiment. Cherbourg recevait alors quelque 300.000 passagers chaque année !

 

Mais la seconde guerre mondiale marque l'avènement de l'aviation et le nombre de passagers annuels chute à 79.000 en 1950. De plus, l'édifice est endommagé par les bombardements. La Chambre de commerce décide de reconstruire la gare maritime, mais le campanile qui dominait l'édifice ne sera pas rebâti. A la place, quatre tours voient le jour. Cependant la gare maritime continuera de perdre sa superficie. A la fin des années 70, la galerie couverte, située à l'extrémité nord du quai, est démolie afin de gagner de la surface de stockage pour le port de commerce. Ce qui reste de la gare sera toutefois inscrit à l'inventaire des Monuments historiques en 1989.

 

Panneaux vitrés
Le musée océanographique de la Cité de la mer prend ses quartiers dans une partie de la gare en 2002, et l'on peut même y visiter un véritable sous-marin. L'année suivante, commencent d'importants travaux de rénovation de la partie voyageurs de la gare initiale. Une nouvelle et impressionnante façade de 17 mètres de haut constituée de panneaux vitrés habillés de cuivre recouvre désormais le musée. L'orientation des baies vitrées fait entrer la lumière à l'intérieur du terminal tout en garantissant une bonne maîtrise thermique. Le terminal croisière subit également des travaux, et on y installe des équipements plus modernes pour accueillir les voyageurs en transit ou en cours d'embarquement. La salle des douanes, également rénovée, est terminée en 2004 pour accueillir le Queen Mary 2. Les travaux sont totalement terminés en décembre 2006 pour le terminal croisières qui peut depuis accueillir plusieurs paquebots en même temps, ce qui s'est produit en septembre 2008 avec l'arrivée du Balmoral transportant 1.300 passagers, et de la Coruna. Un clin d'œil à l'âge d'or de ce port qui fut dans les années 30 le deuxième plus important de France.
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