Face au besoin croissant de réduction des coûts et de flexibilité dans la gestion des installations immobilières, un nouveau métier émerge dans le secteur de la construction : facility manager. Cet interlocuteur unique se voit désormais confier de la part d'un maître d'ouvrage ou l'occupant d'un bâtiment des prestations qui vont de la maintenance technique à l'accueil, en passant par la distribution du courrier… Découverte.

Depuis quinze ans, on assiste à la montée en puissance d'un nouveau métier dans le secteur de la construction : facility manager. En raison, en effet, des contraintes économiques, du besoin croissant de réduction de coûts, des contraintes liées au développement durable mais aussi de la transparence et la flexibilité dans la gestion des installations immobilières, le maître d'ouvrage ou l'occupant d'un bâtiment recherche un interlocuteur unique.

 

"Et de leur côté, pour répondre à une demande croissante de service, près de quinze entreprises dont une majorité sont issues de filiales de groupes de BTP comme Bouygues Energies &Services, Eiffage Services et son pôle Facility Management et Vinci Facilities proposent des prestations globales", nous explique Frédéric Rei, directeur Senior de la division Immobilier et Construction du cabinet Page Personnel spécialisé dans l'intérim et le recrutement spécialisé.

 

Avant de poursuivre : "Le facility manager va devoir tout d'abord gérer l'aspect technique du bâtiment, c'est-à-dire l'installation du client dès la livraison, la gestion du chauffage ou de la climatisation, voire toutes les parties liées à la gestion énergétique. Et dans un second temps, cet interlocuteur unique pilote l'aspect logistique et services qui englobent les taches suivantes : l'accueil et réception, le gardiennage à travers la gestion du courrier et celle du parc automobile mais aussi la sécurité du site."

 

Frédéric Rei, Directeur de la division Immobilier et Construction de Page Personnel,
Frédéric Rei, directeur de la division Immobilier et Construction de Page Personnel. © Page Personnel
"Maîtriser toute la chaîne de vie d'un bâtiment"

 

L'autre défi du facility manager : gérer la performance énergétique des bâtiments dits "intelligents" où les systèmes d'alimentation en électricité, en chauffage ou en ventilation sont de plus en plus complexes, explique Frédéric Rei chez Page Personnel.
"C'est pourquoi la maîtrise du process et de toute la chaîne de vie du bâtiment est indispensable pour occuper ce poste, confie-t-il. En complément des missions spécifiques qui peuvent lui être confiées à l'image des tâches de chauffagiste ou frigoriste, ce nouveau métier assure la partie budgétaire."

Les PPP ? Une aubaine pour les facilities managers

D'ailleurs cette dimension budgétaire est capitale notamment dans la gestion d'un PPP. "Par exemple, dernièrement, Bouygues Energies & Services a fait appel à près de 80 postes de facilities managers (Ndlr: recrutés en interne et externe) sur le nouveau siège du ministère de la Défense implanté à Balard, 15ème arrondissement à Paris pour soutenir les techniciens sur la partie technique", nous confie-t-on. "C'est dans ce sens, que le PPP, implique une mission à part entière du facility manager", estime Frédéric Rei.

 

Enfin, pour le cabinet de recrutement, le facility manager occupe un rôle transversal faisant appel à des compétences liées incontestablement au "bâtiment, au management et enfin à la méthode." "Du 'Bac+3' avec une licence professionnelle Bâtiment et Construction, option management ou licence professionnelle, management immobilier jusqu'à 'Bac+5', via une formation de services généraux à l'Ecole supérieure des travaux publics (ESTP), les formations universitaires ne manquent pas", détaille Frédéric Rei.

 

Côté salaire, le cabinet Page Personnel estime qu'il oscille entre 33 et 36 K euros pour un candidat issu d'un 'Bac+5' et doté d'une première expérience et 38 à 45 K euros pour un profil, 'Bac+5', de 3 à 5 ans d'expériences.

 

Si aujourd'hui, les entreprises de construction et d'immobilier, de gestion d'énergie, de maintenance technique, de restauration, nettoyage et accueil, forment le "facility management" pour une meilleure gestion globale de la vie d'un bâtiment tertiaire ou industriel, le secteur peine encore à décoller en France : il regroupe environ 150 postes qui s'articulent autour de deux grandes activités liées à la gestion des installations immobilières (le multitechnique et le multiservice), soulignait la dernière étude Xerfi-Precepta. "En 2014, en effet, on a recruté sur toute la France 200 techniciens dont une minorité de facilities managers, confirme Page Personnel. Mais les prévisions sont assez optimistes pour les années futures."

 

Les freins historiques bientôt levés ?

 

En effet, l'un des freins historiques au développement du marché est en passe d'être levé : le départ à la retraite massif des cadres des services généraux, faisant souvent barrière à ce nouveau secteur. Il devrait provoquer une "vague d'externalisation" sans précédent, s'accordent à dire les spécialistes. "Parallèlement, un très grand nombre de marchés clients -bureaux, centres commerciaux, sites industriels, établissements pénitentiaires, écoles/universités, établissements de santé, etc.- restent encore à conquérir", concluent-ils. Autant dire que les perspectives pour ces professionnels sont désormais résolument porteuses.

Avis d'expert : Arnaud Bouré, coordinateur technique aux services généraux du groupe Hermès : "Un métier pour un profil curieux et autodidacte"
Avant de prendre son poste actuel de coordinateur technique aux services généraux du groupe Hermès, basé à Pantin (Seine-Saint-Denis), Arnaud Bouré, 34 ans, occupait déjà la fonction de facility manager récemment chez Hervé Thermique, située à Ennery (Val-d'Oise), durant deux ans, puis Asertec (Saint-Denis) et enfin Bouygues Energies Services anciennement Exprimm. "C'est un métier très intéressant pour un profil curieux et autodidacte qui évolue depuis une quinzaine d'année", se réjouit-il. On met ainsi du piment tous les jours dans notre vie professionnelle et on évite de tourner en rond. Car lorsqu'on démarre, on a la casquette de technicien et de gestionnaire, sans oublier une partie essentielle : le budget." Et d'ajouter : "La communication est aussi primordiale autant avec le client qu'avec les prestataires puisque les attentes et exigences sont quotidiennes !"

 

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