Le promoteur d'EuropaCity, un vaste complexe commercial et de loisirs prévu au Nord de Paris, a confirmé son intention de poursuivre le projet tout en précisant qu'il tiendrait compte des avis exprimés lors du débat public.

Après quatre mois de débat public et alors que la région Ile-de-France s'est dite favorable au projet EuropaCity, le 13 juillet dernier, tout en émettant quelques réserves, son promoteur a annoncé son intention de "poursuivre" son projet, tout en l'amendant pour tenir compte des avis exprimés. "Nous allons poursuivre la mise en oeuvre de ce projet" estimé à 3,1 milliards d'euros et porté par Immochan, la branche immobilière du groupe Auchan, a déclaré le directeur d'EuropaCity Christophe Dalstein, à l'issue d'une conférence de presse de la Commission nationale du débat public (CNDP) destinée à dresser le bilan du débat qui s'est tenu du 15 mars au 13 juillet.

 

Le dirigeant a choisi de ne pas attendre trois mois pour afficher ses intentions, afin de "ne pas rester dans un entre-deux". "Mais le projet va évoluer", a-t-il assuré, esquissant des modifications concernant l'"offre", la "conception architecturale" et "la façon d'associer les parties prenantes". Il n'exclut pas que le projet soit redimensionné.

 

Le besoin de rassurer les investisseurs


Sans être une surprise, la promptitude de la réponse du maître d'ouvrage n'est "pas habituelle", a noté Claude Brevan, la présidente de la Commission particulière du débat public. "Il faut qu'il rassure leurs investisseurs", a-t-elle souligné. Parmi ces partenaires, figure le géant chinois Dalian Wanda, spécialisé dans l'immobilier et le divertissement. "Le projet EuropaCity porte une vision de l'évolution de la société qui n'a pas fait l'unanimité", est-il constaté dans le bilan du débat public. Les opposants dénoncent un "clone de Las Vegas", la destruction de terres agricoles, ou encore un impact négatif sur les activités existantes. Selon eux, les projections du maître d'ouvrage -11.800 emplois directs en phase d'exploitation- sont surévaluées. Déjà, le Collectif pour le triangle de Gonesse prévoit de "renforcer sa mobilisation" pour que le projet ne voit pas le jour.

 

Pour rappel, le projet initial est pharaonique. Il est pour l'instant prévu : 500 boutiques, des salles de spectacles, un parc aquatique, une "ferme urbaine" et même une piste de ski dans un complexe de 80 ha dans le triangle de Gonesse (Val-d'Oise), une zone agricole inhabitable entre les aéroports du Bourget et de Roissy, que le conseil régional a décidé d'urbaniser en partie. Ce vaste ensemble, qui compte attirer 31 millions de visiteurs par an, représentera le plus gros investissement privé en France depuis Disneyland Paris en 1992.
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