Le groupe EDF a annoncé, mardi 18 novembre, un nouveau report "du démarrage" de l'EPR de Flamanville (Manche), prévu désormais "en 2017" et non plus en 2016 comme avancé dans le dernier calendrier. Précisions.

Les imprévus s'accumulent sur le chantier du réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville (Manche). Le maître d'ouvrage du site, EDF, a annoncé, mardi 18 novembre 2014, un nouveau retard dans la construction du réacteur nucléaire dont le démarrage est reporté d'un an, à 2017, confirmant une information obtenue par l'AFP de sources concordantes. Pour rappel : prévu pour 2012, le démarrage du réacteur avait déjà été repoussé à 2016, accusant alors quatre ans de retard. Et ces travaux étaient estimés, au début de 2014, à 8,5 milliards d'euros, un montant presque trois fois supérieur à celui annoncé à son lancement.

Révision du planning

Cette révision du planning résulte "des difficultés rencontrées par Areva", le "fournisseur de la technologie", a indiqué EDF dans un communiqué qui cite deux problèmes : "Les livraisons d'équipements tels que le couvercle et les structures internes de la cuve ; et la mise en place de la réglementation des équipements sous pression nucléaires (ESPN) pour laquelle Flamanville 3 est tête de série, en particulier sur un lot de montage réalisé par Areva et ses entreprises sous-traitantes."

 

Ces nouveaux éléments seront partagés avec l'ensemble des fournisseurs et s'intégreront dans le calendrier du chantier, dans l'objectif d'une adaptation et articulation des activités sur le site, ajouté la direction du groupe.

 

A noter qu'"Areva a également présenté à EDF un point sur les analyses en cours sur le défaut de soudure au niveau des générateurs de vapeur, les essais de qualification des soupapes du pressuriseur et les expertises métallurgiques sur les matériaux du couvercle de la cuve."

 

Malgré cet "aléa" de chantier, EDF réaffirme son engagement dans le nouveau nucléaire en France, en Chine et au Royaume-Uni. De son côté, Areva n'a pas souhaité faire de commentaire.

 

 

D'autres ennuis se multiplient sur le chantier

 

Au final, les ennuis se sont multipliés ces dernières années sur le site de Flamanville. Le 24 janvier 2011, un soudeur fit une chute mortelle de 18 mètres ; la passerelle sur laquelle il se trouvait avait été percutée par le chargement d'une grue. D'ailleurs, Bouygues avait été poursuivi pour homicide involontaire et condamné à 75.000 euros d'amende, en avril 2014. Par ailleurs, les sociétés Bouygues TP, Atlanco, Elco et Welbond sont également poursuivies pour travail dissimulé, concernant des travailleurs détachés polonais et roumains. Le procès devrait se tenir en mars 2015.

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