Ideol et Hitachi Zosen ont signé, ce jeudi 7 juillet, le contrat de construction de deux démonstrateurs d'éoliennes flottantes afin de valider les solutions techniques et matériaux employés. Les machines devraient être déployées en mer en 2017, avant d'envisager le déploiement de fermes commerciales à l'horizon de 2020.

Les choses avancent vite pour Ideol : un mois après avoir lancé, en France, la construction de son premier prototype d'éolienne flottante Floatgen, qui doit être déployée au large du Croisic d'ici à la fin de l'année, la société française vient d'officialiser le lancement de la construction de deux autres machines au Japon. L'accord entre Ideol et son partenaire nippon, Hitachi Zosen, remontait à juin 2015 et portait initialement sur l'ingénierie de démonstrateurs.

 

Le communiqué publié par l'entreprise française précise : "La construction de ces deux flotteurs est le résultat d'une année de collaboration étroite entre les équipes d'ingénierie d'Ideol et celles d'Hitachi Zosen, collaboration qui a d'ailleurs permis de franchir dans les meilleures conditions toutes les étapes requises par l'organisme certificateur ClassNK". Les deux flotteurs, conçus selon le principe du bassin amortisseur ("damping pool"), seront réalisés dans des matériaux différents, le premier en béton, comme le démonstrateur actuellement en construction à Saint-Nazaire, avec le concours de Bouygues Travaux Publics, et le second en acier. Ils seront équipés d'éoliennes différentes et ancrés au moyen de lignes d'ancrage, elles aussi fabriquées dans des matériaux différents. Une façon de tester simultanément tout un éventail de solutions techniques différentes et de sélectionner les plus performantes.

 

Déployer des fermes commerciales en 2020

 

Le projet Nedo, conçu en réponse à un appel d'offres visant à valider les technologies de l'éolien flottant, prévoit que les deux démonstrateurs cumulent une puissance de 7,5 MW et soient mouillés dans une zone où les fonds marins atteignent les 50 à 100 mètres, là où des éoliennes offshore à fondations classiques ne pourraient être déployées. Ideol explique : "Pour le Japon, pays en pleine redéfinition de son mix énergétique post-Fukushima, la construction et l'installation de fermes éoliennes flottantes sont devenues une nécessité stratégique. La réduction, à l'horizon de 2020, du coût des technologies flottantes est une priorité du ministère de l'Economie, du commerce et de l'industrie japonais (METI)". Le but ultime est de valider la fondation flottante Ideol afin d'en équiper de futurs parcs commerciaux que le gouvernement nippon souhaite voir installés pour les Jeux olympiques de Tokyo, précisément en 2020.

 

La société française met également en avant la performance de sa technologie dans les conditions météorologiques exigeantes qui existent en mer du Japon, où les typhons sont nombreux. Paul de la Guérivière, le p-dg, annonce : "Nous sommes très satisfaits de lancer la construction de deux démonstrateurs supplémentaires au Japon, le marché leader de l'éolien en mer flottant (…) Cette réussite confirme les avantages évidents de l'offre Ideol qui consiste à intégrer au maximum l'expertise technique en interne, afin d'apporter à nos clients et partenaires la réactivité requise pour ce type de projets à fort intérêt capitalistique". Implantée à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), l'entreprise a récemment levé plus de 3 M€ de fonds, afin de poursuivre son développement. Les investisseurs semblent avoir eu le nez creux.
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