La loi de Transition énergétique mentionne également "la croissance verte". Selon France Energie Eolienne, le secteur de l'éolien aurait, à lui seul, créé 2.000 emplois entre 2014 et 2015. De quoi dresser des perspectives très prometteuses pour les années qui viennent.

On savait l'éolien source d'énergie décarbonée, mais France Energie Eolienne (FEE) tient à rappeler qu'il est également "vecteur de croissance verte" et donc, d'emploi. Dans l'Hexagone, la filière représente aujourd'hui 12.500 emplois directs, dont 2.000 ont été créés sur la dernière année (+20 %), suite à la reprise des installations de turbines.

 

En tout, 750 sociétés sont actives dans ce domaine particulier des énergies renouvelables, qu'il s'agisse de bureaux d'études ou d'expertise, d'entreprises de génie civil ou de construction électrique, d'équipementiers, de fabricants de composants ou d'assembleurs de machines, et de développeurs ou d'exploitants de parcs. FEE fait valoir la diversité des métiers et compétences requises : "(…) du chef de projet qui occupe une fonction centrale sur l'ensemble de la phase de développement d'un parc, au chaudronnier qui transforme différents métaux pour réaliser les pièces de l'éolienne, en passant par le chef de chantier qui a pour mission la conduite de la construction du parc conformément aux réglementations en vigueur en matière de sécurité". L'association souligne également l'importance des métiers de la maintenance, "un vivier d'emplois non délocalisables". Les sociétés actives dans le monde de l'éolien sont d'ailleurs réparties en 1.700 établissements locaux sur tout le territoire.

 

De l'ingénierie à l'électrotechnique, tous les profils sont recherchés

 

Secteur par secteur, les différentes phases d'études, de fabrication des machines, de construction des parcs puis d'exploitation, proposent quasiment autant de postes chacun. Situé en amont, les stades d'études et développement des fermes éoliennes, emploient environ 3.030 personnes (-3 %) en France. Un chiffre dont le léger recul a été largement compensé par la progression du nombre d'emplois dans la production des composants de machines, 3.520 postes (+25 %), et par celle de l'ingénierie et de la construction, 3.570 postes (+33 %). La dernière phase, qui est également la plus longue dans le temps, celle de l'exploitation et de la maintenance des éoliennes, rassemble 2.430 professionnels (+9 %).

 

Du côté des formations proposées, le panorama dressé par FEE mentionne des cursus courts, de type bac +2/+3, qui viennent compléter des formations industrielles plus générales, quelquefois enrichies de modules spécifiques à l'éolien. "L'ouverture du BTS Maintenance des systèmes option éolien en 2015 est une réponse directe aux besoins de recrutement du secteur, notamment sur des postes de maintenance, du fait de la croissance du parc installé", précise l'association. Quant aux formations plus longues, dispensées dans les établissements d'enseignement supérieur, elles sont aujourd'hui environ 70 à être proposées dans les universités et grandes écoles. Quatorze mastères spécialisés (bac +6) portent notamment sur les énergies renouvelables.

 

Création de dizaines de milliers d'emplois pour la transition

 

France Energie Eolienne, se projetant dans l'avenir, prévoit que 100.000 emplois supplémentaires pourraient être créés d'ici à 2020 (soit une multiplication par neuf des effectifs actuels) afin de tenir les objectifs fixés dans le cadre de la loi de Transition énergétique. Un rapport de Greenpeace, publié en 2015, prévoyait que la révolution verte et l'abandon progressif des carburants carbonés permettrait de générer des millions d'emplois dans le monde. En France, l'ensemble du secteur des énergies renouvelables, éolien compris, employait, en 2015, 55.750 personnes à temps plein, selon le Commissariat au développement durable.
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