La FNTP, la Fédération des Scop BTP et plusieurs syndicats lancent un appel au secours au gouvernement, qu'ils accusent de pratiquer une "politique de la chaise vide". En jeu, près de 60.000 emplois sont menacés, tandis que les recettes de la future écotaxe seront divisées par trois et que la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités sera de 12.5 Md€. Explications.

"Nous lançons aujourd'hui un véritable cri d'alarme !", nous a confié Olivier Diard, Délégué général de la Fédération des Scop BTP. Un appel au secours à destination de l'Etat, invité à participer à une concertation tripartite (avec les syndicats en prime) en mai dernier, dans le cadre des discussions sur le Pacte social pour les Travaux publics.

 

Une démarche innovante qui n'a pas payé, semble-t-il, puisqu'aujourd'hui, la Fédération des Scop, la FNTP, les représentants TP de la CFTC, CFDT, CFE-CGC et FO, ont envoyé une lettre aux pouvoirs publics pour rappeler la situation d'urgence dans laquelle la filière TP se trouve. "D'ici à fin 2014, ce sont 60.000 emplois qui sont menacés, se lamente Olivier Diard. Et quand on sait que nous dépendons à 70% de la commande publique, nous souhaitons vivement que l'Etat réagisse".

 

Péages poids lourds et baisse des dotations dans la ligne de mire
Avec son Pacte de responsabilité, l'Etat demande aux acteurs d'agir. "Mais on ne peut s'engager que si la commande publique se redresse, ajoute le Délégué général des Scop BTP. Or, nous n'avons pas reçu de réponse de l'Etat !". Sans compter qu'entre temps, de nouvelles décisions gouvernementales sont apparues, à l'image des péages de transit poids-lourds, venus remplacer l'écotaxe. "Elle devait financer les infrastructures de transport, or, le nouveau dispositif va diviser par trois les ressources attendues", insiste Olivier Diard. Et de rappeler également que la baisse de 12.5 Md€ des dotations de l'Etat aux collectivités locales impactera directement leur capacité d'investissement en infrastructures.

 

Et le Délégué général des Scop BTP d'ajouter : "Aujourd'hui, nous attendons les réactions des pouvoirs publics et allons réitérer l'invitation faite à l'Etat de se joindre aux syndicats et aux fédérations. Il s'agit d'un problème à la dimension sociétale et pas que purement économique. C'est le cadre de vie des Français qui est en danger, et nous souhaitons alerter que ce problème est très sérieux et qu'il touche toutes les tailles d'entreprises, les grands groupes, les PME, les Scop et même les TPE".

 

Les TP feront-ils comme le Bâtiment, et interpelleront les élus et collectivités locales ? "Notre action est collective et cette question sera discutée avec les partenaires sociaux, mais elle sera d'actualité dans un deuxième temps", a conclut Olivier Diard.
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