COP23. Après 3 ans de stabilité, les émissions planétaires de gaz carbonique sont de nouveau en hausse. Elles devraient atteindre le chiffre record de 36,8 gigatonnes, démontrant que le pic n'est malheureusement pas atteint. Les mauvais élèves restent la Chine, les Etats-Unis et l'Inde, dont l'empreinte carbone ne cesse de croître.

Les chercheurs pensaient que le pic des émissions de dioxyde de carbone avait été atteint et que, désormais, elles ne feraient que diminuer grâce aux efforts conjugués des pays. Mais il n'en est rien selon le Global Carbon Project. En 2017, les émissions de CO2 devraient dépasser les 36,8 milliards de tonnes alors qu'elles s'étaient stabilisées à environ 32 milliards de tonnes depuis trois ans. Une augmentation de 2 % qui fait réagir les scientifiques : "C'est une grande déception. Avec 41 milliards de tonnes de CO2 émis estimé pour 2017 [si l'on ajoute les milliards de tonnes liés à la déforestation], on risque de manquer de temps pour garder la température sous 2 °C, a fortiori 1,5 °C", déclare Corinne Le Quéré, de l'université britannique d'East Anglia.

 

Les principaux contributeurs ont fait moins d'efforts

 

Mais d'où viennent ces émissions supplémentaires alors que (presque) tous les pays du monde se sont engagés sur la voie de la lutte contre l'effet de serre lors de la COP21 à Paris, il y a deux ans ? De Chine notamment, où un boom de la production industrielle a augmenté la consommation d'électricité alors que la production d'hydroélectricité a diminué en raison d'épisodes de sécheresse. Le pays le plus peuplé du monde génère, à lui seul, 28 % de l'empreinte carbone mondiale. Son dauphin, les Etats-Unis, sont également responsables, dans une moindre mesure. Ses émissions devraient baisser de façon moins forte que prévue en 2017 (-0,4 % au lieu de -1,2 % en 2016) à cause d'un recours accru au charbon (+0,5 %). Le prix plus élevé du gaz naturel - moins émetteur de CO2 - serait la raison de cette bascule énergétique. Quant au troisième pays le plus émetteur, l'Inde, il devrait lui aussi voir son empreinte carbone grandir (+2 %). Même l'Union européenne, pourtant en pointe dans la transition, n'a pas réussi à juguler son CO2, puisque son bilan ne diminuera que de -0,2 % cette année.

 

Robert Jackson, de Stanford, analyse : "Plusieurs facteurs montrent une poursuite de la hausse des émissions mondiales en 2018". Le pic n'a donc pas été atteint et ne devrait l'être que dans un futur proche. Pour parvenir à maintenir la hausse des températures globales sous l'objectif fixé à Paris, il faudra alors diminuer de façon encore plus drastique cette empreinte carbone de l'humanité. Pour le chercheur anglo-saxon, la croissance des énergies renouvelables (+14 % par an sur les cinq dernières années) n'aura d'impact significatif que dans quelques années.
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