UN PROJET / UNE PARTICULARITE - Un nouveau grand nom de l'architecture vient de signer un projet à Nîmes. Cette fois, c'est l'agence Elizabeth de Portzamparc qui a remporté la conception du futur Musée de la Romanité qui prendra place dans la ville dès 2017. L'établissement sera un écho contemporain aux célèbres Arènes situées à quelques encablures. Détails.

« Ce musée est juste un contenant pour un contenu exceptionnel », résume Elizabeth de Portamparc, lauréate du projet du Musée de la Romanité qui ouvrira ses portes en 2017 à Nîmes. A l'issue d'un concours international d'architecture, son projet fait, en finale, l'unanimité devant ceux de Rudy Ricciotti et de Richard Meier. Rien que cela. Outre un projet audacieux, symbolique pour la ville et répondant à tous les critères du programme, les exigences de la Ville ne s'arrêtaient pas là. Il s'agissait d'être tout aussi convaincant dans la scénographie muséale, afin de captiver tous les publics avec une présentation innovante et spectaculaire, utilisant des ambiances, des reconstitutions, des approches interactives et ludiques.

 

Pari réussi pour l'agence d'Elizabeth de Portzamparc qui tente d'apporter par son projet une « réponse contemporaine » aux Arènes romaines situées juste à côté. Car la gageure était là : lier le nouveau Musée et son architecture avec les monuments romains chargés d'histoire qui animent la ville du Gard. Cette dernière a donc opté pour ce dossier qui valorisait un atout touristique majeur pour la population et la créativité de l'architecte qui a apporté une note légère et originale caractérisée par une toge plissée en façade.

 

Un bâtiment conçu comme un ensemble d'oppositions
Pour parfaire le dialogue entre passé et présent des lieux, « nous avons conçu un volume diaphane en lévitation sur le site, percé par une large rue intérieure », souligne l'architecte. Qui a surtout joué un dialogue fait d'oppositions et de complémentarités, puisqu'elle a sans cesse opposé les formes géométriques en choisissant pour un Musée aux formes carrées, en contradiction avec la rondeur des Arènes ; elle a également opposé les matières, en optant pour des carreaux de verre en façade face aux pierres du monument romain. Enfin, elle a confronté des Arènes fortes d'un ancrage au sol très marqué à un bâtiment conçu en lévitation obtenu par l'articulation savante de l'enveloppe et de ses « porteurs en retrait ». C'est-à-dire que la grande boîte en verre translucide blanc et argent se pose en porte-à-faux sur les grands espaces vides et transparents du rez-de-chaussée. L'ombre portée de la façade dissimule les fins piliers de 60 cm disposés sur une trame régulière de 12 m intégrée avec les volumes intérieurs. « J'aurais rêvé d'un sublime porte-à-faux, mais nous étions soumis aux contraintes d'une zone sismique », reconnaît Elizabeth de Portzamparc.

 

L'autre point fort de ce projet, c'est la percée qui offre un accès depuis la rue à des jardins archéologiques au sein de l'enceinte du Musée. Cette rue privée de 15 mètres de large sur 7 mètres de haut offre un passage public scénographié, notamment grâce à la reconstitution du fronton du sanctuaire de la Source, le sanctuaire antique de la fontaine de Propylée. Ainsi, le public, même hors du Musée, peut se réapproprier la Ville et son histoire. Là encore, sont opposés le tumulte de la ville et le calme de ces jardins archéologiques, conçus tel un havre de paix.

 

Un nouvel écrin pour les trésors de Nîmes
« Les collections nîmoises n'avaient pas l'écrin qu'elles méritaient », a souligné le maire de la Ville, Jean-Paul Fournier, à l'occasion de la présentation de ce projet. Car ce nouveau bâtiment accueillera les 25.000 pièces des collections sises jusqu'à présent dans l'actuel musée archéologique de Nîmes, qui n'a cependant ni les moyens ni les capacités pour répondre aux attentes des visiteurs. La Ville a donc choisi un emplacement de premier ordre, au cœur de la cité et surtout face aux Arènes pour recevoir son nouveau Musée de la Romanité.

 


Fiche technique
Mandataire - Architecte : Agences Elizabeth et Christian de Portzamparc
Architectes associés : A + Architecture
Architecte associé / ACMH : Agence Alain-Charles Perrot
Paysagiste : SARL Méristème
Muséographie : Agences Elizabeth et Christian de Portzamparc
Multimédia : Studio K
Graphisme : Locomotion Sarl
Qualité environnementale : Celsius Environnement
Acoustique : Ganba Acoustique Architecturale et Urbaine
BET Economie de la construction : L'Echo
BET Structure : Sarl André Verdier
BET Fluides : Choulet Louis
OPC : Arteba

 

Surface utile : 7.500 m2
Surface SHON : 10.000 m2
Coût de l'opération : 59.5 M€ TDC, dont 38 M€ HT de construction

 

1er trimestre 2013 : Dépôt du permis de construire
Automne 2013 : Préparation des travaux/démolitions
1er trimestre 2014 : Démarrage de la construction
4ème trimestre 2016 : Livraison du bâtiment - Installation des collections
1er semestre 2017 : Ouverture au public

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