DIAPORAMA. Après huit ans d'un véritable parcours du combattant, la Philharmonie de Paris conçue par Jean Nouvel a été inaugurée ce mercredi 14 janvier en présence du chef de l'Etat. A peine la polémique sur l'investissement apaisée, ce bâtiment inachevé "ouvre trop tôt, sans test", affirme l'architecte qui a boudé le gala d'ouverture. En effet, près de 600 ouvriers s'activent jour et nuit pour tenir le calendrier de livraison prévu désormais avant cet été. Découverte.

Une partition au goût d'inachevé. Mercredi 14 janvier, quelques heures avant l'inauguration de la Philharmonie de Paris organisée en début de soirée en présence du chef de l'Etat, la grande salle de concert, fleuron architectural, scénographique et acoustique de ce nouvel édifice de la culture parisienne suscite sur le terrain une kyrielle d'interrogations. A peine la polémique sur l'investissement apaisée*, la livraison de l'équipement est remise en question.

Ambiance électrique

Dans une ambiance électrique rendue par le plan Vigipirate renforcé, ouvriers de Bouygues Bâtiment Ile-de-France, menuisiers et acousticiens se lancent dans un dernier contre-la-montre pour apporter les dernières finitions à l'intérieur du bâtiment. Et du côté de l'extérieur du site culturel, l'installation des panneaux en inox est loin d'être aboutie.

 

*Jean Nouvel explique pourquoi il a boudé le gala d'ouverture
Dans une tribune publiée dans Le Monde, ce mercredi 14 janvier, le jour de l'inauguration de la Philharmonie de Paris, son concepteur Jean Nouvel, explique les raisons pour lesquelles il n'a pas assisté pas à l'ouverture du nouveau lieu culturel consacré à la musique."La Philharmonie ouvre trop tôt. Sans test", affirme l'architecte. Pour Jean Nouvel, en organisant son ouverture officielle ce 14 janvier, la Philharmonie de Paris se tire "une balle dans les deux pieds". Et d'ajouter : "Le bâtiment a été ouvert dans un planning ne permettant pas de respecter les exigences architecturales et techniques. Il était grand temps, avant cette soirée d'ouverture, d'annoncer (…) que la Philharmonie de Paris est en rodage. Ce bâtiment est prématuré."

 

Selon lui, "ouvrir le programme de la Philharmonie de Paris sans ces espaces (Ndlr : les lieux ouverts au public devant le bâtiment, belvédère) ne fait aucun sens et représente une atteinte à l'œuvre architecturale". Il annonce ainsi qu'il "fera valoir (son) droit moral sur la conformité de l'œuvre, ainsi que sur d'autres points cruciaux, pour obtenir des finitions dignes des foyers et de la salle".

Des décisions économiquement désastreuses

De plus, il accuse le directeur de la Philharmonie, Patrick Januel, d'avoir pris "des décisions économiquement désastreuses". Et de rappeler également dans un communiqué : "Je ne peux les laisser sans réponse et tiens à affirmer qu'en aucun cas je n'ai été à l'origine d'un quelconque dépassement de budget sur ce projet."

 

Estimée à 204 millions en 2007, dont 118 millions pour le seul chantier, la facture de la Philharmonie devrait atteindre les 386,5  millions d'euros, entièrement financés par l'argent public. 270 concerts sont justement prévus pour la saison 2015. Et il aura donc fallu dépenser 100.000 euros pour chaque fauteuil. "En vingt ans, même à 20 euros la place de concert, l'investissement scénographique sera amorti", calcule l'architecte.

 

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