UN PROJET/UNE PARTICULARITE. Ce sont de drôles de structures en forme de galets qui viennent de se poser à Monaco. Imaginés par Affine Design, ces bâtiments éphémères, démontables et recyclables, abritent 23 boutiques de luxe durant les travaux de rénovation de l'hôtel de Paris. Visite.

Avec son nouveau yacht signé Norman Foster ou ses hôtels de luxe, la principauté de Monaco affiche son goût pour l'architecture. Alors quand il s'agit de faire des structures éphémères pour héberger des boutiques durant les travaux de l'Hôtel de Paris, pas question de faire les choses à moitié.

 

Au programme : du chic et de l'élégance. Conçus par Affine Design, ces cinq pavillons allant de 220 à 600 m2, s'étendent sur 2.600 m2, et accueillent 23 magasins, le temps de la revalorisation de la place du Casino qui mêlera commerces, résidences haut de gamme, bureaux et espaces de loisirs.

 

Implantées dans les jardins des Boulingrins, ces structures devaient tenir compte de ce paramètre important : "La surface plantée a conduit notre réflexion puisque notre travail devait s'intégrer dans le paysage et s'inscrire dans l'environnement", explique l'architecte Richard Martinet, d'Affine Design, qui est en charge actuellement de la rénovation de l'hôtel Crillon. Pour cela, l'agence a eu l'idée d'un parcours constitué de volumes simples mais très dessinés rappelant "des pierres posées sur un chemin", note le concepteur. Pour lui, "il fallait présenter quelque chose de naturel qui s'organise comme une installation de sculptures". Ronds, blanc cassé, les cinq pavillons se distinguent donc non seulement par leur apparence, mais aussi par leur technicité. "Nous avons réalisé en usine des caissons, démontables et remontables. Il s'agit de coques métalliques recouvertes d'écailles aluminium qui sont assemblées simplement grâce à des boulons et des axes. Bien sûr, une couche isolante et un pare-vapeur viennent compléter le dispositif", détaille Richard Martinet. Au total, un millier d'écailles ornent chaque pavillon et près de 350 pièces ont été construites pour cet ensemble. "Chaque élément a nécessité un réglage bien précis", souligne l'architecte.

Une scénographie même la nuit

Au final, ces bâtiments modernes aux courbes arrondies vivent et font vivre le site dans lequel ils s'inscrivent, et ce même la nuit : "Nous avons prévu un éclairage afin qu'ils suivent le rythme de la principauté !", glisse Richard Martinet. Enfin, qui dit boutique, pense enseignes. Ici, on trouve des grandes marques de sacs, des prestigieuses maisons de joaillerie qui ont dû apprivoiser ces nouveaux cocons pour leurs produits. "Si au départ, il y a eu quelques réticences, nous sommes parvenus à convaincre ces usagers de la fonctionnalité de notre projet", laisse entendre l'architecte. Et le pari semble réussi. Pour preuve, certaines enseignes utilisent aujourd'hui l'architecture comme un support, une étagère pour y entreposer certains objets. Quant à la suite, rien n'est défini pour l'instant. Seules certitudes, les pavillons sont en place et devraient le rester jusqu'à la fin des travaux, prévue en 2020, par la suite, ils devraient être enlevés. A moins que… "Difficile de voir disparaître les pavillons. On pourrait imaginer que certains soient réutilisés pour présenter des expositions d'art", confie l'architecte. Pourquoi pas ? L'idée est lancée…

 

Fiche technique
Programme : 5 pavillons
Maître d'ouvrage : La Société des Bains de Mer
Architectes : Affine Design
Surface : 2.600 m2
Coût des travaux : 16 millions d'euros

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