Depuis plusieurs années, les entreprises de courtiers en travaux se multiplient. Une situation inquiétante pour la Capeb Rhône qui entend alerter le public des conséquences que ces intermédiaires pourraient avoir sur leur chantier. Détails.

La situation n'est pas nouvelle. Depuis déjà plusieurs années, le nombre d'entreprises de courtiers de travaux se multiplie. Mais la semaine dernière, des adhérents de la Capeb Rhône se sont étonnés, auprès de la fédération, de mails de prospection reçus par ce type d'entreprise. Ces artisans et la fédération s'inquiètent de "toutes ces demandes d'intermédiaires", qui viennent "perturber la relation de proximité entre l'artisan et le particulier". "C'est un gros souci", nous a indiqué Antoine Leempoels, Secrétaire général de la Capeb Rhône. C'est pour cette raison que l'organisation a décidé d'alerter le public sur de telles pratiques, qui s'effectuent "au détriment de la qualité de service", estime-t-elle.

 

Le représentant de la Capeb Rhône reconnaît cependant que si ce type de société se développe c'est qu'il y a un vide et il regrette que les courtiers se soient "engouffrés dans la brèche". Il constate en effet que les particuliers font de plus en plus appel à ces intermédiaires pour leurs travaux. Il tient donc à rappeler que la relation entre un artisan et le maître d'ouvrage est importante. "Ces méthodes contribuent à faire disparaître le principe de proximité et de relation directe avec les clients, facteur essentiel et reconnu d'un travail artisanal de qualité", précise d'ailleurs le communiqué de l'organisation. Autre argument développé : la charge financière supplémentaire. La simple mise en relation "est dans tous les cas répercutée sur l'intervention", souligne la Capeb Rhône.

 

Un manque de communication ?

 

Mais si les particuliers passent par ces intermédiaires, des artisans eux-mêmes utilisent les services de ces courtiers pour trouver des chantiers. "Il faut que les artisans comprennent aussi qu'externaliser leur activité commerciale n'est pas une bonne chose pour le commerce et l'artisanat", insiste Antoine Leempoels. Avec ces intermédiaires, il y aurait une perte de qualité de service. Il regrette en effet que certains courtiers "ne réclament aucun critère de qualification" de la part des artisans qu'ils ajoutent à leur base. Certaines sociétés recommanderaient ainsi des artisans sans connaître la qualité de leur travail et soumettraient des devis aux particuliers sans qu'il y ait eu une visite de chantier au préalable. "On devient alors des sous-traitants de structures plus grosses", explique-t-il en ajoutant qu'au "final, le client est perdant".

 

Par ailleurs, il constate que ces intermédiaires sont davantage sollicités dans les villes que dans les zones rurales. Selon lui, "dans les villes les gens déménagent plus souvent et ne savent pas toujours à qui faire appel pour leurs travaux. Ils passent alors par ces intermédiaires. A l'inverse, dans les zones rurales, la proximité avec les artisans facilite la mise en relation", pense-t-il. Mais cette situation ne serait-elle pas une question de communication ? D'un côté, les particuliers cherchent, le plus souvent sur internet, des artisans ou des entreprises pour leurs travaux et trouvent en ces courtiers en travaux en ligne des réponses à leurs demandes. Il y a peut-être des efforts de communication à faire, s'interroge en effet le secrétaire général de la Capeb Rhône. "Il faudrait peut-être plus communiquer, que les artisans soient notamment très réactifs quand ils reçoivent des demandes de devis", nous a-t-il confié en reconnaissant que "si cette profession de courtier en travaux existe, c'est qu'il y a peut-être un vide". Un vide que la Capeb Rhône espère bien reconquérir.

 

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