C'est le point d'orgue de la carrière de Ségolène Royal : l'Accord de Paris, dont les seuils ont été franchis le 5 octobre 2016 grâce à la ratification de l'Union européenne, entrera donc en vigueur le 4 novembre. La présidente de la COP21 annonce que l'objectif est rempli et que de nombreuses initiatives seront lancées.

Dès sa prise de fonction à la présidence de la COP21, la ministre française de l'Environnement avait fait de l'entrée en vigueur effective de l'Accord de Paris, son objectif prioritaire. Dans un communiqué, Ségolène Royal se félicite : "Nous y sommes. Nous avons fait preuve de courage, d'un sens de l'action rassemblée et avons montré une vision de l'avenir". Dans un autre passage, elle insiste sur "la mobilisation exceptionnelle de la communauté internationale" et le "rendez-vous avec l'Histoire". Depuis le 5 octobre 2016 et la ratification par l'Union européenne, le nombre de pays signataires est désormais suffisant. Les seuils de 55 pays et 55 % des émissions de gaz à effet de serre ont donc été franchis (74 pays/197 représentant 58,82 % du CO2 mondial), permettant l'entrée en vigueur de cet accord universel sur le climat dès le 4 novembre, soit quelques jours avant la COP22 de Marrakech.

 

Une France à la hauteur

 

Une étape décisive, encore une fois soulignée par la ministre : "Elle prouve que l'émergence d'un nouveau modèle de développement est irréversible : face à l'urgence climatique, face à certains conservatismes, les peuples ont compris que la lutte contre le changement climatique est une chance à saisir". Et elle ne manque pas de rappeler le rôle de moteur de la France, "premier pays industrialisé à finaliser sa procédure interne de ratification", qui a su se montrer exemplaire.

 

La présidente de la COP21 a donc présenté ses priorités d'action pour appliquer rapidement les engagements pris. Elle "proposera un ordre du jour ambitieux et précis pour la première réunion des Parties à l'Accord de Paris, qui se tiendra au Maroc" et elle se fixe comme autre priorité "de faire aboutir la question de financements pour assurer la réussite de la COP africaine". D'ores et déjà, la France a annoncé qu'elle augmenterait ses financements climat, en les portant de 3 à 5 milliards d'euros par an à l'horizon de 2020. La mise en œuvre de l'Accord se traduira également sur les questions de transparence des efforts entrepris par les signataires et sur les mécanismes de réduction des émissions de carbone. Enfin, elle "renforce fortement la pertinence des 70 coalitions qui ont été lancées lors de la COP21". La ministre évoque par exemple l'Alliance solaire internationale, "l'OPEP de l'énergie solaire en zone intertropicale", lancée par la France et l'Inde, l'Alliance mondiale pour le bâtiment et la construction qui rassemble, pour l'heure 20 pays, huit groupes et 50 organisations ou encore la Coalition pour le prix du carbone qui réunit 40 pays.

 

Ségolène Royal sur tous les fronts

 

Mais Ségolène Royal n'en a pas fini pour autant avec ses combats. Son agenda est encore chargé puisqu'elle doit participer aux négociations sur l'avenant au protocole de Montréal, dont l'enjeu est de stopper l'envolée des hydrofluorocarbures (HFC) qui pourraient constituer, en 2050, 20 % des gaz à effet de serre et contribuer à réchauffer de 0,5 °C la température globale à la fin du siècle. Puis elle participera ensuite à la conférence "Habitat III" sur le développement urbain durable et l'avenir de l'urbanisation. Tout cela avant la COP22 qui se tiendra à la mi-novembre. La présidence française y soutiendra l'initiative africaine pour les énergies renouvelables et le pacte de Paris sur l'eau, ainsi que la coalition pour les transports propres.
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