La Capeb, l'IRIS-ST et Layher ont réalisé une étude portant sur le travail en hauteur, ses dangers et ses difficultés. Ensemble, professionnels et industriels souhaitent apporter des réponses en matière de prévention des risques grâce à diverses initiatives, d'information et de sensibilisation, de formation ou de développement de solutions adaptées aux entreprises artisanales.

Le travail en hauteur est la troisième cause d'accidents du travail dans le bâtiment, la deuxième cause d'invalidité et la première cause d'accidents mortels. On comprend mieux pourquoi il s'agit d'un enjeu crucial pour les organismes professionnels de prévention des risques que sont l'OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics) et l'IRIS-ST (Institut de Recherche et d'Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail). En septembre 2012 un partenariat a donc été signé entre la Capeb et le constructeur d'échafaudages Layher, afin de mieux connaître les besoins des artisans, de valoriser des solutions adaptées et d'identifier des pistes de réflexion. "Ce partenariat permet de bénéficier des compétences techniques de Layher et de mutualiser les efforts", souligne Julie Boisserie, responsable technique pour l'IRIS-ST. Les trois partenaires ont élaboré un questionnaire, destiné aux artisans utilisateurs d'échafaudages, afin de mieux connaître leurs pratiques. L'enquête, qui a été réalisée en ligne au mois d'avril 2013, a reçu plus de 200 réponses d'entreprises de maçonnerie, couverture et peinture, mais également de plomberie, menuiserie et de charpente.

 

Les artisans ont une idée faussée de la sécurité
Première constatation : le sentiment de sécurité sur les échafaudages domine. Seuls 18 % des interrogés s'y sentent en insécurité. L'inquiétude augmente légèrement vis-à-vis des risques d'effondrement de ces installations, chez 23 % des artisans. Enfin, il ressort que ce sont les opérations de montage et de démontage des échafaudages qui suscitent le plus de craintes, avec 36 % des professionnels consultés qui ressentent un danger. "Les artisans ont donc une idée faussée de la sécurité : le parc de matériel est de bonne qualité mais ce sont les montages qui se font rarement dans les règles de l'art", estime Eric Limasset, le président de Layher France. Quant aux sources d'incidents rencontrés, les artisans sont clairs : ils pointent en premier les problèmes d'accès à l'échafaudage (27 %), quasiment à égalité avec les soucis liés à une activité simultanée de plusieurs entreprises sur une même installation sans concertation (26 %). Viennent ensuite les problèmes plus techniques de manque d'amarrage ou de béquille de stabilité (20 %), et les soucis de planchers trop étroits ou incomplets (16 %), voire encombrés (11 %).

 

Réduire le poids des pièces et faciliter leur assemblage
Les artisans estiment à 60 % que les opérations de manutention des échafaudages sont contraignantes, que ce soit lors de la préparation et du chargement du matériel ou lors des étapes de déchargement et de déplacement sur le site du chantier. Les opérations de montage et de démontage, semble-t-il plus "valorisantes", sont moins sévèrement jugées : 45 % des professionnels interrogés les trouvent assez ou très contraignantes. C'est la répétition des gestes qui poserait le plus de problème aux artisans. Ces derniers souhaitent que l'assemblage des pièces soit facilité et que leur poids soit réduit. L'utilisation de pièces nouvelles en acier, conçues spécifiquement pour être plus légères, pourrait permettre d'économiser de 15 à 20 % de la masse à capacité de charge égale. Et le recours à de l'aluminium voire à des matériaux composites pourrait encore alléger les structures, de 30 à 40 %. "Le surcoût au moment de l'achat sera rapidement compensé par des coûts annuels inférieurs, notamment lors des opérations de montage et démontage, ou grâce à un transport plus facile", précise Eric Limasset.

 

Autres axes d'amélioration identifiés grâce à l'enquête : l'accent mis sur la formation et l'accompagnement des artisans. Car 58 % des sondés déclarent ne pas avoir été formés, ni au montage-démontage, ni même à l'utilisation des échafaudages… Environ 300 stagiaires sont formés chaque année par Layher. "Les entreprises qui investissent dans la sécurité gagnent pourtant en productivité", signale Pascal Montilly de l'OPPBTP. Il reste donc encore du travail pour améliorer encore la sûreté des travailleurs en hauteur.

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