DECRYPTAGE. Le Conseil national de l'ordre des architectes (Cnoa) vient de publier une étude fouillée sur la structure de la commande des architectes. François Rouanet, vice-président de l'organistion, en résume pour Batiactu les principaux enseignements.

Le Conseil national de l'ordre des architectes (Cnoa) vient de mettre en ligne la troisième mouture de son étude Archigraphie, réalisée en partenariat avec la Mutuelle des architectes français (Maf). L'an dernier, elle avait notamment traité de la rémunération des architectes, la féminisation du métier et le statut des professionnels.

 

Cette année, c'est sur la structure de la commande d'architecture que le Cnoa s'est penché. Quels sont les principaux enseignements à en tirer ? "Tout d'abord, on peut remarquer que les architectes pèsent plus de 50 milliards d'euros par an", observe François Rouanet, vice-président du Cnoa, interrogé par Batiactu. "On a parfois tendance à ne percevoir le métier d'architecte que sous l'angle artistique. Mais cette donnée rappelle à quel point il s'agit d'un secteur économique important."

 

Une grande tendance qui semble se dégager, ces dernières années, est la spécialisation des agences, que ce soit dans la construction de logements, d'établissements publics ou d'hôpitaux. "Les maîtres d'ouvrage sont rassurés d'avoir à faire à des professionnels sépcialisés. C'est compréhensible, dans un contexte où les bâtiments sont de plus en plus complexes, ainsi que les réglementations. Nous, architectes, devons être plus pointus", analyse François Rouanet. Qui remarque que l'on peut aussi voir là une conséquence de la diminution des honoraires, consécutive à la crise. "Une agence est plus performante sur un type de bâtiment qu'elle connaît. Elle peut ainsi optimiser sa manière de travailler. La spécialisation a ainsi été un moyen de mieux affronter la crise économique."


En privé, les architectes conduisent souvent le chantier

 

L'élément le plus surprenant, pour François Rouanet, dans ce millésime d'Archigraphie, c'est de constater que de nombreux promoteurs privés font confiance aux architectes pour la mission de conduite de travaux. "Le discours que l'on entend, c'est celui de dire que les architectes, dans des opérations privées, ne font pas le chantier. Les chiffres montrent que cela n'est pas vrai du tout, et c'est un peu une surprise." D'après l'étude, dans le logement individuel groupé, 70% des missions sont ainsi "complètes ou élargies", et 45% en logement individuel isolé. "C'est un gros préjugé qui tombe !", assure François Rouanet.

 

Il ressort enfin d'Archigraphie que le logement représente la première commande des architectes : 56% du total des déclarations et 45% du montant des travaux. Le logement collectif représente 23%, et la maison individuelle 33%. "On dit souvent que les architectes font surtout de l'individuel, mais ces chiffres montrent que nous sommes bien présents en collectif", remarque François Rouanet. "Les architectes ne sont pas que sur des gros projets ou des maisons de luxe : il y a pas mal d'opérations qui se font avec des montants de travaux pas très élevés. Il y a beaucoup de petites agences d'architecture qui sont bien adaptées à la réalisation de petits projets."
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