L'enquête de conjoncture dans l'industrie du bâtiment d'octobre 2016 révèle un climat des affaires stabilisé depuis plusieurs mois. Le moral des entrepreneurs va en s'améliorant graduellement, même si les prévisions sur l'emploi ou la trésorerie ne sont pas forcément positives. Détails.

Selon le panel d'environ 2.500 chefs d'entreprises interrogés par l'Insee au mois d'octobre 2016, le climat des affaires du monde du bâtiment en France est stable. L'indicateur de synthèse noté sur 100 (pour sa moyenne de longue durée) reste en effet figé à un niveau de 96 depuis le mois d'avril dernier. De même, l'indicateur de retournement qui permet de déterminer si la tendance est favorable ou défavorable, reste situé dans la zone grise dite "d'incertitude conjoncturelle".

 

Une activité qui reste faible et engendre des difficultés

 

Les entrepreneurs sont plus nombreux qu'en septembre à signaler une hausse de leur activité : le score repasse, pour la première fois depuis mai 2016, au-dessus de la moyenne longue. Cependant, l'activité reste toujours en dessous de la normale. De même, les dirigeants d'entreprises du bâtiment sont moins nombreux qu'en septembre à prévoir d'embaucher au cours des trois prochains mois. En cause, des carnets de commandes trop peu remplis. Compte tenu de leurs effectifs, les entrepreneurs estiment que ces commandes assurent environ 6,9 mois de travail, un niveau identique à ce qu'il était en septembre, et qui reste supérieur à sa moyenne de plus long terme (5,4 mois).

 

Depuis le début de la crise de 2008, les capacités de production restent donc sous-employées en France : la moyenne de long terme s'établit à 88,5 % de taux d'utilisation. En octobre 2016, cette valeur reste bloquée à 86,7 % (+0,1 point), en lente reprise depuis le début de 2015. Les dirigeants déclarent à 47 % rencontrer des difficultés de recrutement, contre 57 % en moyenne sur plus longue période. Quant à la situation de leur trésorerie, elle ne va pas en s'améliorant. Les chefs d'entreprises restent nombreux à déclarer qu'ils baisseront leurs prix au cours du prochain trimestre et ils sont toujours davantage à signaler une dégradation de leurs réserves. Ils signalent notamment un allongement des délais de paiement.
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